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10 livres qui m’ont nourrie en 2020

Quiconque aspire à écrire doit être un grand lecteur. Au-delà du plaisir, de l’évasion, de la connaissance qu’elle apporte, la lecture est également un indispensable laboratoire pour étudier la langue, la narration, la technicité d’auteurs confirmés, pour ensuite réfléchir et améliorer sa propre écriture. Pour bien écrire, lisez autant que possible !



Parmi les 80 livres que j’ai lus l’année dernière, voici mon Top 10 :



La Survivance de Claudie Hunzinger (2012) :

C’est LE coup de cœur de l’année. Il est des livres qui vous donnent envie d’acheter et de dévorer l’œuvre intégrale de son auteur. Ce fut le cas avec Claudie Hunzinger, que j’ai découverte avec Les Grands cerfs (Prix Décembre 2019) et dont j’ai tout lu au cours de l’année 2020, avec une préférence pour La Survivance.


Les protagonistes, un couple de libraires en faillite, partent s’exiler dans une maison en ruines, perdue au milieu des Vosges. Ils n’ont ni électricité, ni eau courante, ni voisin, ni revenus, mais des cartons pleins de livres de leurs écrivains de prédilection. Ils trouveront dans cette survie un élan de vitalité qui les amènera à désirer de nouveau.


Claudie Hunzinger est une écrivaine de nature writing, un de mes genres littéraires de prédilection, né aux Etats-Unis avec Henry David Thoreau et son célèbre Walden (1854).



I Know Why the Caged Bird Sings de Maya Angelou (1969 - Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage en français) :

Un classique de la littérature américaine qui se trouvait sur ma liste de lecture depuis près de deux décennies. Dès les premières pages, j’ai regretté d’avoir attendu tout ce temps avant de le commencer.


Une histoire autobiographique poignante, des descriptions qui font dorénavant partie des modèles que j’étudie lorsque je travaille à améliorer les miennes.



Le Palais des orties de Marie Nimier (2020) :

Un très très bon roman, qu’on dévore comme un thriller ! L’écriture de Marie Nimier à son apogée dans son seizième roman.


Impossible de comprendre que ce titre ne soit apparu dans aucune première sélection des prix littéraires de cette année.



Les Magnolias de Florent Oiseau (2020) :

Cynisme, humour, tendresse, légèreté et profondeur : Florent Oiseau réussit l’exploit de nous faire pleurer de rire et d’émotion en abordant avec beaucoup d’honnêteté des sujets qu’on aimerait plutôt oublier.


« Quand on y réfléchit un peu, de façon honnête, quand on passe du temps dans les maisons de retraite, dans les hôpitaux, alors on comprend qu’on ne plaint pas les vieux, qu’on n’est pas triste pour eux. On est triste pour nous, triste de s’imaginer à leur place un jour ou l’autre. C’est toujours soi qu’on plaint le plus, et de loin. »


Florent Oiseau a aujourd’hui 30 ans. C’est un jeune auteur talentueux dont on parle peu. Il était surveillant dans un lycée de la banlieue parisienne lorsqu’il a écrit ses deux premiers romans, Je vais m’y mettre et Paris-Venise.



The Thing Around Your Neck de Chimamanda Ngozi Adichie (2009 - Autour de ton cou, traduction française) :

Un autre auteur dont j’ai lu toute l'œuvre. The Thing Around Your Neck est un recueil de nouvelles, le seul ouvrage de Chimamanda Ngozi Adichie que je ne connaissais pas encore.


On y retrouve ses thèmes de prédilection (le rôle de la femme, le rêve américain, la violence du colonialisme, les différences culturelles), ainsi que son écriture souvent proche de l’oralité qu’on aime tant.



Fugitives d’Alice Munro (2004) :

Prix Nobel de Littérature 2013, Alice Munro est la seule nouvelliste à avoir reçu le prestigieux prix. Chacune de ses nouvelles est une véritable pépite.


Dans Fugitives, huit femmes, comme les autres, quittent leur domicile un beau matin, par usure ou par hasard, sans se retourner.



Victor Hugo d’Alain Decaux (1984) :

Le « monstre » Hugo valait bien une biographie de plus de 1000 pages !


Victor Hugo, bourreau de travail qui, dès l’âge de quinze ans, tous les soirs avant de se coucher, apprenait par cœur trente vers de Virgile, Horace ou Lucrèce, pour en faire la traduction le lendemain au réveil. C’était sa gymnastique à lui. Dès lors, il travaille, sans relâche, comme un forcené :


« Je travaille depuis vingt-huit ans, car j’ai commencé à quinze ans. Je n’ai point hérité de mon père. Depuis vingt-huit ans, je ne me suis pas encore reposé deux mois de suite. J’ai élevé mes quatre enfants. J’ai refusé les bourses offertes à mes fils et à mes filles, ayant le moyen de faire élever mes enfants à mes frais et ne voulant pas mettre à la charge de l’Etat ce que je pouvais payer moi-même. Avec le revenu, je vis, je travaille toujours, et je fais vivre onze personnes autour de moi. Je ne dois rien à qui que ce soit. Quant à moi, je porte des paletots de vingt-cinq francs, j’use un peu trop mes chapeaux, je travaille sans feu l’hiver, et je vais à la Chambre des pairs à pied, quelquefois avec des bottes qui prennent l’eau. Du reste je remercie Dieu, j’ai toujours eu les deux biens sans lesquels je ne pourrais pas vivre : la conscience tranquille et l’indépendance complète. »


On ne devient pas un monument de la littérature par hasard.



The Catcher in the Rye de J. D. Salinger (1951) :

C’est le livre que je relis tous les deux ans environ, depuis sa redécouverte en 2001. Lu une première fois dans sa traduction française pendant mon adolescence, il ne m’avait pas laissé de grand souvenir ni d’impression forte. Mais le texte original, en américain, a eu une résonance particulière chez la jeune adulte que j’étais.


Le protagoniste, Holden Caulfield, crie son désespoir et son sentiment d’aliénation à vivre dans une société de faux-semblants, régie par l’argent et les succès de façade. Nous sommes à New York, vers la fin des années 1940, et pourtant, le propos est plus que jamais d’actualité et universel.


Ecrit dans un point de vue interne à la première personne, la voix d’Holden Caulfield est pleine de sincérité, de sarcasme, d’humour et d’une humanité qui me ramène à mon propre monde intérieur. Chaque fois que je relis The Catcher in the Rye, je me sens accompagnée dans ma contemplation de la société. Pour résumer ce qu’est ce livre à mes yeux de lectrice, je citerai justement l’un de ses passages :


« What really knocks me out is a book that, when you're all done reading it, you wish the author that wrote it was a terrific friend of yours and you could call him up on the phone whenever you felt like it. That doesn't happen much, though. »


Traduction française :


« Mon rêve, c’est un livre qu’on arrive pas à lâcher et quand on l’a fini on voudrait que l’auteur soit un copain, un super-copain et on lui téléphonerait chaque fois qu’on en aurait envie. Mais ça n’arrive pas souvent. »


A lire de préférence dans sa langue d’origine donc, car certains textes perdent de leur force une fois traduits.



The Writer's Process: Getting Your Brain in Gear de Anne Janzer (2016 - en anglais uniquement) :

Un essai sur le processus créatif de l’écrivain. L’auteur expose ainsi sa théorie : chaque écrivain possède (doit faire en sorte de posséder) deux « cerveaux » : celui du scribe (discipliné) et celui de la muse (créatif).


Le processus d’écriture d’un livre se composerait de 5 étapes selon l’auteur, chaque étape étant réalisée alternativement, soit par le scribe, soit par la muse. Ainsi, pour aller jusqu’au bout de ses projets d’écriture, un écrivain doit être capable d’actionner ces deux « cerveaux ».


L’auteur insiste cependant sur le rôle prépondérant du scribe : une idée, aussi créative soit-elle, ne s’écrira jamais toute seule. L’écrivain se doit donc d’apprendre la discipline avant tout.



Description de Monica Wood (1995 – en anglais uniquement) :

Un excellent livre sur l’écriture des descriptions, le fameux principe du « Show, don’t tell », et bien d’autres aspects de l’écriture littéraire traités avec technicité.




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