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Les 15 erreurs les plus fréquentes chez les écrivains amateurs

Dernière mise à jour : 26 mars

Comment augmenter ses chances d’être publié par une maison d’édition à compte d’éditeur ? Une question que vous êtes nombreux à vous poser. Pour y répondre, nous vous proposons une série de trois billets de blog.

 


Refusé ou accepté ?


pile de manuscrits

Commençons par une réalité implacable : il faut environ trois minutes à un éditeur pour se faire une idée (presque) définitive sur un manuscrit. Seulement trois minutes ? 😮 Pourquoi le processus de sélection est-il si rapide ?


En moyenne, une maison d’édition reçoit une dizaine de manuscrits par jour. Pour les plus prestigieuses (Gallimard, Grasset, Le Seuil…), ce chiffre passe à cinquante. Soit entre 3 500 et 20 000 manuscrits par an. Même en sous-traitant le premier tri à des lecteurs extérieurs travaillant de façon indépendante, il est évident que la personne qui recevra votre manuscrit n’y consacrera pas plusieurs heures.


Mais il existe une autre raison, plus importante et plus intéressante, pour laquelle la sélection se fait de manière expéditive : beaucoup de manuscrits (pour ne pas dire l’écrasante majorité) comportent les mêmes défauts. Il s’agit d’erreurs qui révèlent l’amateurisme de l’auteur et ce, bien souvent dès la première page. C’est ce qui permet aux lecteurs des maisons d’édition d’écarter 90% des manuscrits.


Pour vous éviter de faire partie de ces 90%, les relecteurs de L'atelier d'écriture by Christine ont synthétisé pour vous les erreurs les plus fréquentes :

 


Les 15 erreurs les plus fréquentes chez les écrivains amateurs


Erreur n°1 : L’ignorance des conventions 

🚫 L’absence d’une page de garde, un formatage inapproprié du tapuscrit, une typographie non maîtrisée : ces erreurs montrent que l’auteur n’a même pas pris le temps de se renseigner sur les conventions en vigueur dans le métier. C’est une faute professionnelle grave. Votre manuscrit est recalé avant même que le lecteur n’en ait commencé la lecture.


Solution : Renseignez-vous avant d’envoyer votre manuscrit. Comment présenter un manuscrit ? Quelle police d’écriture choisir ? Quelle mise en page pour les dialogues ? Format papier ou électronique ? De nos jours, on trouve toutes les informations nécessaires sur internet. Certaines maisons d’édition précisent sur leur site le format dans lequel elles souhaitent recevoir le manuscrit.


Erreur n°2 : L’absence d’une intention claire

🚫 Beaucoup (trop) de manuscrits manquent de densité et de cohérence car l’auteur ne s’est pas interrogé sur la nature et l’objectif de son écrit. Il s’est jeté dans l’écriture sans savoir où il voulait aller (ou en venir).


Solution : Posez-vous les questions suivantes : Pourquoi avez-vous écrit ce récit ? Quel en est le sujet principal ? Qu’avez-vous cherché à raconter ? Etes-vous capable de résumer votre roman en un pitch d’une seule phrase ? Soyez au clair sur votre intention de départ.


Erreur n°3 : Un récit sans structure

🚫 Le manuscrit se présente d’un bloc, avec peu ou pas de découpage en parties, chapitres, scènes, paragraphes. C’est irrespirable pour le lecteur. Ou à l’inverse, le manuscrit est fragmenté par des sauts de ligne nombreux et injustifiés. Dans les deux cas, c’est le signe que la structure du récit n’a fait l’objet d’aucune réflexion de la part de l’auteur.


Solution : Tout récit doit avoir une structure pensée et aboutie. Quelles sont les différentes articulations de votre récit ? La structure est-elle logique et intelligible ? La mise en page reflète-t-elle cette structure ?


Erreur n°4 : Un arc narratif ou une intrigue inexistante

🚫 Les pages sont noircies de mots, mais il ne se passe rien en termes narratifs. Aucune histoire ne se dessine ; aucune péripétie ne tient le lecteur en haleine. L’auteur n’a pas construit d’arc narratif et par conséquent, l’intrigue est inexistante.


schéma arc narratif

Solution : Le personnage principal de votre histoire doit avoir une quête, vivre des péripéties, surmonter des obstacles pour atteindre son but et, de ce cheminement, ressortir grandi ou transformé. Formez-vous à la construction d’intrigues pour apprendre ce qu’est un arc narratif et le maîtriser.


Erreur n°5 : Des personnages caricaturaux

🚫 Les personnages sont peu ou pas caractérisés ; ils se ressemblent, sont communs et suscitent peu d’intérêt chez le lecteur. Ils ne sont ni vivants, ni attachants.


Solution : Développez la psychologie et le tempérament des personnages pour leur donner de la complexité. Sortez des clichés en les rendant uniques et surprenants.


Erreur n°6 : Le manque de clarté

🚫 Des formulations maladroites obligent le lecteur à relire plusieurs fois certaines phrases avant de les comprendre ; l’absence de repères spatio-temporels crée un grand flou narratif ; le manque de précision perd le lecteur. Or, l’intégralité d’un manuscrit doit être compréhensible dès sa première lecture. Le lecteur ne devrait jamais avoir à revenir en arrière ou à relire certains passages à cause d’un manque de clarté.


Solution : Mettez-vous à la place du lecteur qui n’est pas dans votre tête et corrigez votre manuscrit pour que chaque phrase soit d’une limpidité parfaite.


Erreur n°7 : Une temporalité chaotique

🚫 Des flashbacks inutiles ou des sauts dans le temps trop fréquents compliquent la structure du récit, jettent le lecteur dans la confusion et rendent la lecture difficile.


croquis d'une horloge

Solution : Privilégiez une chronologie linéaire. Le lecteur préfère toujours suivre les événements dans l’ordre où ils se produisent, plutôt que de se voir imposer une gymnastique mentale pour comprendre où il en est dans l’histoire.


Erreur n°8 : Un point de vue narratif incohérent

🚫 La narration est tantôt omnisciente, tantôt interne à l’un des personnages principaux. Parfois aussi, un personnage secondaire livre sa vision au milieu d’un paragraphe, ou c’est l’auteur qui se met à faire des incursions, prenant la place du narrateur. On ne sait plus qui raconte, qui s’adresse à qui.


Le point de vue narratif est sans doute l’aspect technique le moins maîtrisé chez les écrivains débutants. Il est pourtant essentiel, car garant de la cohérence du récit.


Solution : Pour saisir toutes les subtilités du point de vue narratif, il convient de lire abondamment sur la question, mais aussi de lire la littérature romanesque la plus vaste et variée possible. En effet, comprendre comment les maîtres s’y prennent et s’en inspirer est une excellente façon d’apprendre et de progresser.


Erreur n°9 : Une langue trop littéraire

🚫 « Son jabot criait famine, alors il se mit en quête de quelque festin qui le sustenterait ». A moins que l’histoire ne se situe avant le XIXe siècle ou que le narrateur ne cherche à faire de l’ironie, il est absurde d’employer un vocabulaire aussi soutenu pour exprimer une phrase aussi triviale que « Il avait faim et chercha donc de la nourriture. »


Ecrire ne signifie pas forcément faire usage d’un langage châtié ou poétique. Le travail de l’écrivain consiste à savoir quelle tonalité et quels mots employer, à quel endroit. A vouloir adopter une langue trop littéraire (qu’on ne maîtrise pas), le lecteur risque de ne pas vous comprendre ou de trouver votre texte ridicule.


Solution : Ecrivez dans une langue soignée, naturelle et authentique.


Erreur n°10 : La redondance

🚫 C’est le fait de répéter des mots ou des informations. La redondance peut prendre plusieurs formes : les mêmes mots sont réutilisés à quelques lignes d’intervalle, ou suremployés tout au long du récit ; les mêmes situations reviennent tout au long de l’intrigue ; des informations concernant l’histoire, les lieux ou les personnages sont expliquées plusieurs fois de façon inutile.


Solution : Relisez votre manuscrit et traquez les redondances pour en éliminer un maximum.


Erreur n°11 : Des dialogues qui sonnent faux

🚫 Les personnages parlent tous de la même façon (comme l’auteur, en général) et dans une langue peu authentique (trop écrite). Les répliques sont trop longues et pleines de scories.


Solution : Veillez à donner une voix différente à chacun de vos personnages. Ecrivez des répliques directes, sans vous encombrer de formules de politesse ou de détails superflus.


Erreur n°12 : L’emploi d’expressions toutes faites

🚫 Contrairement à l’écriture journalistique qui se veut formatée, truffées d’expressions « à la mode », l’écriture littéraire abhorre les formules toutes faites et les lieux communs. En effet, ces expressions lues et entendues mille fois sont généralement cliché, peu spécifiques et le signe d’une pauvreté de langage. Une écriture faite de ces formules est l’inverse d’un style précis et raffiné.


Solution : Traquez les expressions toutes faites et éliminez-les.


Erreur n°13 : Une ponctuation omniprésente ou absente

🚫 L’emploi abusif des points d’exclamation et de suspension, ainsi que l’absence de virgule au bon endroit, sont des erreurs de débutant. La ponctuation fait partie intégrante de la langue ; l’écrivain professionnel se doit donc de la maîtriser.


signes de ponctuaation

Solution : Révisez les règles de la ponctuation et créez-vous une fiche récapitulative. Mieux : apprenez par cœur les règles afin de les maîtriser une bonne fois pour toutes. Relisez votre manuscrit pour en corriger la ponctuation. Celle-ci doit être sobre et appropriée.


Erreur n°14 : La présence de coquilles et de fautes d’orthographe

🚫 Certes, une maison d’édition sérieuse procèdera à une correction syntaxique de votre manuscrit avant l’envoi à l’imprimeur. Mais en aucun cas cela dispense l’auteur d’effectuer un travail minutieux sur la grammaire et l’orthographe. L’écrivain est celui qui manie la langue ; alors une langue approximative passera pour de l’amateurisme et un manque de respect envers l’éditeur.


Solution : Procédez à plusieurs relectures attentives et méticuleuses pour traquer la moindre faute. Une seule relecture n’est jamais suffisante. Faites-vous aider d’un ami champion de l’orthographe si nécessaire.


Erreur n°15 : L’envoi d’un premier jet

🚫 Dès les premières lignes, le lecteur relève les faiblesses, les incohérences, le manque de travail. L’auteur n’a écrit qu’un seul jet de son manuscrit et ne l’a pas retravaillé (en dehors peut-être d’une rapide correction orthographique). Il ignore qu’un roman se construit, se déconstruit, s’écrit, s’élague, se réécrit, plusieurs fois avant d’arriver au texte final. C’est une preuve d’amateurisme.


Solution : Apprendre et accepter qu’un livre ne s’écrit pas en quelques semaines ou quelques mois. Pour arriver à un manuscrit abouti, c’est-à-dire bien construit, cohérent, corrigé dans ses moindres détails, sans erreur, sans « gras », cela requiert plusieurs années d’un travail persévérant.

 


Se former aux techniques narratives pour se démarquer


Ces quinze erreurs les plus fréquentes chez les écrivains amateurs mettent en lumière une vérité : écrire un roman ne s’improvise pas. Cela requiert un savoir-faire et la maîtrise des rouages de l’écriture romanesque.


A L'atelier d’écriture by Christine, nous proposons des stages d’écriture pour vous former aux techniques de la narration et au métier de romancier.  


groupe de personnes en atelier

💡 Si les faiblesses de votre manuscrit concernent surtout les erreurs n°1 à 8, les formations « Commencer un roman » et « Ecrire un roman » peuvent vous intéresser.


💡 Si vous vous êtes reconnu dans les erreurs n°9 à 15, la formation « Retravailler un roman » est sans doute celle qu’il vous faut.



***


Dans un prochain billet de blog, nous verrons qu’une autre manière d’augmenter vos chances d’être publié à compte d’éditeur est de trouver des bêta lecteurs exigeants et d’accepter la critique.

 

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1 Comment


Guest
Mar 10

Bonjour Christine,

à la lecture de ta publication du jour, j’ai deux observations à formuler.

La première, positive : ta présentation est très claire et accessible, orientée vers une approche pratique de l’activité d’écriture. Mais je ne suis pas surpris : je commence à connaitre un petit peu l’atelier d’écriture.

La deuxième, moins positive, me concerne personnellement : j’ai reconnu mes pratiques dans plus de la moitié des erreurs que tu répertories.

Je retiens néanmoins que, s’il y a des erreurs, il existe des solutions simples pour les éviter ou en limiter l’impact. Et ça, c’est encourageant.

Au travail !

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