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  • Rencontre avec Marine Pointillart, gagnante du concours de nouvelles 2026

    Chaque année, notre concours de nouvelles rassemble des auteurs de toute la francophonie autour d’un défi littéraire : écrire une nouvelle longue (3 000 à 5 000 mots), répondant à un thème imposé, et capable de marquer durablement l’esprit du lecteur. Pour cette édition 2026, le thème proposé aux participants était « la banalité du mal  » . Un sujet riche, ouvert à de multiples interprétations, qui a donné lieu à des textes aussi variés qu’audacieux. Cette année, le jury a reçu un total de 125 candidatures . Après plusieurs semaines de lecture et de délibération, une nouvelle s’est distinguée  par la pertinence de son sujet, la voix saisissante de son narrateur, et l'intransigeance de sa prise de position. Avec « L'effacement » , Marine Pointillart a proposé une histoire troublante, dérangeante, résolument contemporaine, qui met en lumière les dangers des réseaux sociaux et l’hypocrisie de l’émotion collective numérique.  Je suis allée à la rencontre de Marine, la gagnante du concours de nouvelles, pour qu’elle nous raconte la genèse de son texte et son rapport à l’écriture. Qui est Marine, gagnante du concours de nouvelles 2026 ? Marine, peux-tu te présenter à nos lecteurs s'il te plaît ? J'ai 43 ans et je suis mère de deux filles. Après quinze ans au Maroc, je suis revenue habiter dans le sud-ouest de la France, où je travaille dans le secteur associatif dans le domaine de la lutte contre l'exclusion et les précarités.  Marine Pointillart J'avais envie de me plonger dans un univers que je ne connaissais pas personnellement. Participer à un concours de nouvelles Comment as-tu eu connaissance de notre concours de nouvelles ? J'en ai eu connaissance via la newsletter de L'atelier d'écriture by Christine. Je me souviens avoir lu la publication sur l'édition de l'année dernière et m'être dit que j'aimerais y participer la prochaine fois.  Qu'est-ce qui t'a poussé à participer à cette édition ? Cette édition est arrivée à un moment où je n'arrivais plus à avancer sur mon projet actuel (un roman). J'avais besoin de changer de registre, d'histoire, de personnage, de m'essayer à un autre style. C'était donc l'occasion de me lancer dans un nouveau projet, qui me paraissait être un investissement assez court dans le temps.  Avais-tu déjà participé à d'autres concours d'écriture auparavant ?  C'était ma première participation à un concours d'écriture.  Les coulisses de l'écriture Comment t'est venue l'idée de départ de ta nouvelle « L'effacement » ?  J'avais envie de me plonger dans un univers que je ne connaissais pas personnellement. Il m'a semblé que le mal que l'on peut se faire à soi-même, jusqu'à se nier, s'effacer, est terrible. J'avais écouté un podcast sur l'anorexie et l'impact des réseaux sociaux peu de temps auparavant, c'est ainsi que l'idée a germé. Il se trouve que pendant l'écriture de la nouvelle, j'ai rencontré plusieurs personnes qui m'ont fait part de leur histoire, sans savoir que j'écrivais sur le sujet. J'ai également fait quelques recherches afin d'être au plus proche de la réalité, et ne pas dire de bêtises à propos d'un sujet si grave.  Comment as-tu procédé pour l'écrire ? Combien de temps as-tu mis ? Je me suis sentie très libre, j'avais envie de garder mon style d'écriture sans réfléchir à ce que des lecteurs pourraient en penser. J'ai beaucoup aimé me glisser dans la peau de ce personnage. C'était comme une expérience physique. J'y ai passé plusieurs semaines, sans y travailler tous les jours.  Quelle place occupe l'écriture dans ta vie ? As-tu un projet d'écriture en cours ?  J'aime écrire depuis que je suis toute petite, mais ça ne fait que quelques années que j'y consacre du temps - temps qui n'est toujours facile à trouver dans l'organisation de la vie quotidienne. Mais en participant à des ateliers et des formations, cela m'a permis de donner à l'écriture une place "officielle" et sacralisée. J'ai un projet de roman en cours, que j'ai pu développer en suivant tes formations . Le fait d'avoir participé au concours, et de gagner, me redonne l'énergie d'écrire et d'aller jusqu'au bout de ce projet.  Merci Marine de m'avoir accordé cette interview. Je me réjouis de te remettre ton prix : un mois d'accompagnement personnalisé pour avancer sur ton projet d'écriture. Découvrez le texte lauréat de notre concours de nouvelles 2026 : « L'effacement » de Marine Pointillart   Ma mère s’imagine que je mange les pistaches. C’est pour ça qu’elle accepte d’en acheter des paquets énormes. Mais je ne fais que sucer les coques. Je crache le fruit. Discrètement, dans la rue. Depuis le balcon du quatrième étage d’un immeuble du 16ème arrondissement parisien. Je m’ennuie. Je mate les passants pour faire passer le temps. Cela fait plusieurs semaines que je ne vais plus au lycée. Assise sur mon pliant, j’ai la jambe qui s’agite toute seule. Mon téléphone ne veut pas réagir. Je patiente pourtant depuis des heures. Ça augmente, oui, mais trop doucement. Je devrais déjà avoir atteint les dix mille. Mes ongles rongés ne suffisent plus. Les coques des pistaches non plus. J’aurais dû commencer à fumer, ça me calmerait. Mais ça pue trop et ça me rappelle ma mère. Toujours à crapoter pour se donner un style devant les gars qu’elle drague. Je vérifie ma connexion. J’éteins et rallume le téléphone. Rien n’a bougé. J’attends que le petit rond rouge s’affiche sur l’icône de l’appli. Celui qui annonce une notification. Une alerte disant qu’on a dépassé le nombre fatidique. Mais toujours rien. Alors j’observe les gens d’en bas. Les pistaches tombent une à une dans la rue. Sur le trottoir. Sur ces pauvres passants qui font la gueule, rentrent chez eux l’air niais et dépité. Retrouver une famille, des gosses, une vie qu’ils ne supportent plus. Sérieux, on n’a pas idée d’être fringué comme ça. Certaines coques tombent directement sur la tête des gens en bas. Tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à pas être là. Ils sont déjà moches. Tellement bêtes qu’ils ne s’en rendent pas compte. Un jeune homme, chauve, a quand même levé la tête vers mon balcon. Loin de me cacher, je lui renvoie mon plus beau sourire. Son air incrédule ne le rend que plus débile. Il continue son chemin. Il est encore tôt dans l’après-midi. Qu’est-ce qu’ils foutent tous dans la rue à se balader ? Je parie qu’ils ne travaillent pas. Le jeune là, avec sa tête de travers, sûrement au chômage, ou au RSA plutôt, parce qu’il faudrait qu’il ait déjà bossé pour être au chômage. Tous des fainéants. C’est ce que disait l’autre vieux dégarni, à la télé, en parlant de tous ces assistés qui nous coutent un bras. Des parias. C’est comme le gars assis par terre toute la journée. Celui-là, il ne dit pas un mot. Il pue en plus. Avec sa grosse couverture dégueulasse. J’aperçois la mamie du second, ridicule avec son clebs et son rouge à lèvres grossier qui déborde. Cette idiote donne encore une pièce au gars par terre. Il va en profiter pour picoler. Mon chat, Pistache , passe par le balcon. Dédaigneux et hautain, comme je l’aime. Mais il a encore grossi. Je suis sûre qu’il va se servir chez la voisine. Dommage, je ne pourrais plus le mettre sur mes photos à mes côtés, il va faire tâche s’il s’arrondit. J’envoie un message à une copine, pour m’assurer qu’elle a bien partagé ce que je lui avais demandé ; elle non plus ne répond pas. J’ai l’impression qu’elle m’évite. Et puis ça me prend d’un coup. Je bondis et file aux toilettes. Il suffit de quelques minutes et ça va mieux. Cette légèreté soudaine ne dure pas. Le reflet dans le miroir me rappelle la cause de mon malheur. Ces joues de gamine de huit ans. D’énormes boules rondes et toutes roses, qui m’obsèdent depuis que je suis petite. Je n’arrive pas à les dissimuler, même en essayant de les avaler avant chaque photo. Dépitée, je repars à mon balcon. Le silence de mon téléphone me désespère. C’est trop lent. Jamais je n’arriverais à la hauteur de Valou33 . Pourtant les filles de la commu  m’ont dit ce qu’il fallait faire pour dépasser les dix mille abonnés. Les photos prises sous un nouvel angle n’ont pas reçu les commentaires que j’espérais. C’est de ma faute aussi, j’avoue avoir craqué il y a deux jours : j’ai mangé la pistache. C’est pour me montrer digne de la commu  que j’ai proposé de participer à ce défi : perdre douze kilos le plus rapidement possible. L’objectif étant de dépasser le dernier record. Ma personne est devenue un enjeu de pari mais mon corps refuse d’obéir. Cet idiot ne supporte pas de ne pas être nourri régulièrement.  J’aimerais l’anéantir s’il n’était pas mon support. Si je m’évanouie, je suis bonne pour l’hôpital psy. Et on sait toutes que c’est le pire endroit où atterrir. Etre traitée comme une folle. Plus de contacts avec les copines. Plus de téléphone. Plus de liens avec la  commu . Plusieurs filles sont tombées ainsi dans l’oubli. Tout va très vite. Quelques jours suffisent pour qu’on vous efface. Vous ne postez rien pendant plus de vingt-quatre heures et vous appartenez au passé. Ma mère m’oblige à voir une psy une fois par semaine. Elle m’a aussi envoyée chez une diététicienne. La pauvre a tenté de me convaincre d’inclure des glucides dans mon alimentation. Elle n’a pas souhaité donner suite.  Il ne faut pas croire que je veuille que ma mère tombe en dépression, mais elle n’y est peut-être pas pour rien dans ce qui arrive aujourd’hui.    Ma mère. Je ne sais pas ce qui m’étonne ou me peine le plus. La pitié dans ses yeux ou la surprise dans son regard. L’étonnement de me voir, comme un monstre qu’elle n’aurait pu engendrer. De l’amour profond, puis parfois du dégout. Ma mère qui court les associations, les mères de mes copines, affole la planète entière jusqu’à être passée à la radio. Pour témoigner. Je suis même partie une semaine en vacances chez des amis à elle, soi-disant pour prendre l’air. J’ai vite compris que le père était médecin et qu’il était là pour garder un œil sur moi. A table, j’avais beau décliner poliment à chaque fois qu’on souhaitait me servir, j’ai quand même été obligée d’avaler quelques bouchées. Ma mère dit que je suis malade, qu’il faut que j’accepte de voir un médecin, qu’on me soigne et que j’irais mieux après. Elle ne comprend rien. La seule chose qui m’importe aujourd’hui est le nombre d’abonnés qui me suit. S’il augmente, je vais bien. S’il baisse, c’est la fin. J’ai beau lui expliquer, elle ne semble pas percuter. Je me demande parfois si ce n’est pas elle qui est malade. Ce serait peut-être à moi d’appeler les services sociaux. A la voir arriver toujours à la bourre, fringuée comme un sac, le cheveu hirsute et la clope au bec, l’air hagard et débordé. Un regard vers mon téléphone, toujours rien de plus. Je sens que je commence à paniquer. Mes crises d’angoisse sont plus fréquentes ces derniers jours. Je ne veux pas ressembler à ma mère. Un oisillon tombé du nid qui cherche à échapper aux griffes du matou d’à côté. C’est elle qui tente de se dépatouiller de son marasme. Moi, je suis sereine. Je sais ce que je veux, et où je vais. Je veux tourner le dos au doute.   Elle me dit que je suis dure, et je lui retourne un regard froid et condescendant. Elle s’embrouille. N’arrive pas à aligner deux phrases qui ont du sens. Je la revois à table, l’autre soir. Me dire qu’elle s’en veut, qu’elle n’avait rien vu, elle parle de regrets terribles, de culpabilité, d’excuses. Qu’elle n’a pas su me protéger. Un mélange inaudible de paroles et de sanglots. Je ne sais pas réellement de quoi elle parle et je lui en veux de ne pas savoir cracher le morceau. Elle ne dit rien. Rien de concret. Rien de précis. Mais le malheur est dans sa bouche. Je voudrais qu’elle les vomisse, ces mots crus, qu’elle les gueule et les dégueule et qu’enfin le mal qui a été fait soit dit, sans ambiguïté. Alors je la laisse se noyer dans son flot d’excuses qui n’en sont pas. Cet oisillon ne survivrait pas quelques heures. Ma mère est complètement tarée. C’est ce que j’ai dit à la psy. Les premières séances étaient intéressantes. Il me semblait déceler une certaine admiration de sa part. Peut-être même de la fascination à propos de la commu . Mais son insistance à vouloir voir des liens de causalité entre mon enfance et mon projet d’aujourd’hui me fatigue. Elle me parle de problème quand je lui parle de chance, d’opportunités et de célébrité. Je veux simplement avoir un joli corps, être bien avec moi-même. Lui ressembler. Non. Faire mieux qu’Elle. C’est une copine de classe qui m’a éveillé. Je lui ai dit avoir un crush,  mais que le gars en question ne me calculait pas. Je me sentais grosse. Mes fesses raclaient le sol alors que toutes les filles du lycée portaient des jeans blancs moulant sans complexe. Même le noir ne m’allait pas. Elle m’a d’abord dit de faire attention à mon alimentation, qu’en plus du gars qui ne voudrait pas de moi, je ne rentrerais bientôt plus dans mes pantalons. Puis elle m’a conseillé un coupe faim. J’ai suivi plusieurs méthodes d’amincissement trouvées sur Internet. Mais ça n’a jamais vraiment fonctionné. La découverte de la communauté sur les réseaux sociaux a été une révélation. La  « Commu  », c’est ainsi qu’on la nomme. Les posts, les vidéos et les commentaires m’ont aidé, j’y ai trouvé des conseils pour mieux me comprendre. Et pour ne pas me faire engueuler par ma mère. Je mets de gros pulls, et il m’arrive d’en superposer plusieurs à la fois. Pour qu’elle me foute la paix. Toutes ces personnes avec les mêmes préoccupations que moi, ça me rassure. C’est une nouvelle famille, bienveillante, qui me comprend tellement bien. Comme un gros pilou-pilou tout doux et réconfortant. Parmi les membres, une certaine Valou33  revenait souvent dans les discussions. Son avis comptait. Elle était sans cesse remerciée par les membres. Toujours modeste et compatissante, son attitude m’a encouragée à poster une photo de moi. J’ai partagé ce qui me préoccupait, notamment mes énormes joues. Les dizaines de commentaires encourageants, disant qu’il ne fallait pas abandonner, que j’étais sur la bonne voie, m’ont donné le premier élan. Et m’ont permis de ne pas me laisser influencer par mon entourage. Moi seule sait ce qui est bien pour moi. Mon corps n’appartient qu’à moi. Je fais ce qu’il me plait. C’est mon choix, mon mode de vie. Maigrir me rend heureuse. J’ai commencé à perdre des kilos mais je dois faire plus d’effort. Je ne suis pas encore assez rigoureuse.  Lorsque je ne me sens pas à la hauteur, la peur de décevoir les membres de la commu me redonne du courage. Le dernier commentaire de Valou33  «  Si elle est plus maigre que toi, c’est qu’elle est plus forte que toi  » résonne en moi et me donne envie de me battre. C’est pour cette raison que je participe au défi, le «  skinny tok  ». Je l’ai largement dépassé mais les abonnés ne suivent pas. Pas encore.   Valou33 n’a pas daigné aimer mon post. La panique revient. Je me sens nulle. Alors je suce des pistaches, assise sur mon pliant de camping.   L’indifférence de la commu m’exaspère. Certains encensent aujourd’hui les personnes qu’ils critiquaient hier. Et ne prêtent pas attention à ceux qu’ils soutenaient auparavant. La masse décide des gagnants et pointe du doigt, comme César dans l’arène, ceux qui vont mourir pour le plaisir des spectateurs. Sentence infernale, qui peut durer une heure ou toute la vie. La partialité est de mise. Et c’est ce qui attire les badauds des réseaux. Le mal a ceci d’extraordinaire qu’il est facile à répandre et se faufile avec une aisance déconcertante.  Mon téléphone se met à vibrer. Un bip, puis un autre. Et encore un.   J’ai failli avaler la coque de pistache de travers. J’ouvre l’appli, la commu  est en émoi. Tout le monde y va de son commentaire, de sa flamme, donne son avis, envoie des tas d’émojis. Je me dis qu’enfin, j’ai dû dépasser un nombre incroyable d’abonnés, Valou33  va être tellement dégoutée. Je cherche fébrilement, toute excitée, les commentaires élogieux à mon égard, les trombes de félicitations. Enfin j’ai réussi. Mais ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas pour m’applaudir. Il pleut des émojis en larmes, des RIP , des «  tu vas nous manquer  ». J’ai envie de crier que je suis bien en vie. Je mets un moment à comprendre de qui ils parlent. Des flots de commentaires au sujet d’une certaine Lydie. Qui a eu la mauvaise idée de décéder dans la nuit. Quelle conne celle-là. Elle aurait pu attendre encore quelques jours. Encore une qui n’a pas su gérer. Je lis quand même, par curiosité.  Hier soir, nous avons   retrouvé Lydie sans connaissance, et l’avons transportée d’urgence à l’hôpital. Elle y est décédée dans la nuit. Le post vient des parents eux-mêmes. Demandant une pensée pour leur fille. Se permettant ensuite de donner des conseils désobligeants :   notre fille était malade, vous êtes tous malades, soignez-vous, prenez soin de vous . De quoi se mêlent-ils ? Les commentaires suivants sont gentillets et impersonnels.  Elle va nous manquer, toutes mes condoléances, mes pensées à la famille et à ses proches. Un post questionne le fait que son choix ait été bien accepté par son entourage. Et critique de façon virulente la non liberté de chacun à disposer de son corps. Quand un autre commentaire remet en cause sa volonté, disant qu’elle était peut-être fragile, alors la parole se libère. Les commentaires deviennent intéressants. Gratuits. Cette fille ne méritait pas d’appartenir à la commu . Un mauvais exemple. Trop fragile. Pas assez de volonté. Encore un oisillon facile à croquer. Au fil de la déferlante, Lydie devient égoïste. Elle est même un danger car elle va attirer l’attention sur nous tous. La commu  sera critiquée. On pourrait l’interdire. Rendre encore plus difficile l’accès à nos posts. Il faudra encore ruser pour trouver des hashtags autorisés. L’idée que la commu  puisse disparaitre me tétanise. J’ai envie d’écrire un commentaire moi aussi, mais je ne sais pas comment sera pris mon post. Je dois ramener l’attention à moi. Mes mains moites sur le téléphone, je tremble, cela fait des jours que je publie sur mon défi, cette conne meurt et on ne parle plus que d’elle. Cette réflexion me donne une idée… mais qui ne donnera plus à manger à Pistache après ? Je dois prendre une nouvelle photo. Je file devant le miroir. Il y a une jeune fille dans la pièce. Je la regarde. Sans la reconnaitre. Je la scrute. Elle me dévisage. Nos regards se suivent. Un visage anguleux. Des cernes noirs sous des yeux exorbités. Des bras trop maigres.  Trop frêles. Je m’attarde sur ses doigts. Crochus. Un corps sans chair. Un corps sans vie. Je vais pour lui parler, pour lui tendre la main. C’est alors que je reconnais le fauteuil du salon, en double, dans le miroir. Le choc est violent. Le voile que j’avais devant les yeux s’est estompé d’un coup. Je me vois telle que je suis réellement : maigre et moche. Affreuse. Je voudrais crier mais je n’ai plus de voix. Je voudrais pleurer mais je suis asséchée. Depuis quand est ce que je perds mes cheveux ? Je comprends alors le mensonge. Omniscient. Ces membres de la commu  qui doivent ricaner comme des hyènes affamées. Sont-ils seulement réels ? Lapidée en place publique par un groupe informe et sournois, qui jamais ne se montre ou qui s’en fout royalement. Je ne mérite aucune attention. Ils m’ont déjà oublié. Leur indifférence me retourne les tripes. J’ai envie de vomir. Et je vomis. Une bile amère. Submergée par le désespoir et la colère. J’ai envie de disparaitre mais rien ne se passe. Rien ne s’écroule autour de moi. Je vais leur donner du sensationnel. De quoi nourrir leur boulimie névrosée de photos abjectes. Cette masse gloutonne qui anéantit tout sur son passage. Qu’ils se goinfrent du malheur des autres. Pauvres voyeuristes cachés dans l’ombre de l’anonymat. Je prends une photo de face. J’enlève mon pull ; Je prends une autre photo. J’enlève mon pantalon. Une photo. J’enlève mon t-shirt. Une photo. Ce torse qui ne sait plus ce que sont des seins. Je suis en culotte devant le miroir. Des angles. Un tableau de Picasso. Décharnée. Je me déshabille, me retourne. Nue. Une dernière photo de dos. Je les publie toutes. Sans filtre. Pas besoin de commentaire. Ma mère rentre et je m’évanouis enfin.                               Depuis cet évènement il y a quelques semaines, ma psy a testé une nouvelle méthode. Une sorte d’hypnose. Il parait que j’ai tremblé, violemment, crié, pleuré. Lorsque j’ai rouvert les yeux, une lame transperçait mon cœur. Je me souvenais de tout. La porte qui grince. Son odeur. Sa main sur ma bouche. Une haleine âcre et vinaigrée qui m’ordonnait de me taire. Il parait que, en moyenne, deux gamins dans chaque classe sont victimes de violences sexuelles. Je n’ai jamais deviné qui était l’autre. Mes photos ont rencontré un certain succès. Le projet n’est pas remis en cause. Au contraire. Il prend une autre dimension. Rien n’a changé si ce n’est que je comprends mieux ma mère. Je réalise aussi qu’au-delà de la communauté, les réseaux sociaux sont une vitrine infinie pour partager ma situation qui est loin d’être unique. Mon corps décharné est désormais une arme qui attire les curieux. Je sais que, pour moi, c’est trop tard. Mon estomac n’accepte plus rien. Mon corps est las. Alors je me donne. Je m’efface pour qu’on ne m’oublie pas. Un anéantissement long mais certain, suivi par des dizaines de milliers d’internautes. Le seul appétit que je retrouve est celui de la vengeance. Je publie mes chroniques, textes et photos à l’appui. Mon seul credo : tout dire. Je profite de ce nouvel écho pour balancer.   Ce cousin d’abord. Son indifférence face à mes non insistants. Ses mains serrées sur mes poignets. Ses allers et venues entre mes cuisses. Le déchirement. La honte. Le silence. Il suffit d’un tag, et sa vie bascule. Il peut se défiler, dénigrer, crier à la diffamation, ses potes et sa femme lui tournent le dos. La déflagration est immédiate. Je dépasse les cent mille abonnés. Je repense à Lydie et c’est à la commu  que j’en veux. Pas à chacun d’entre eux mais à tout le système de cette famille dysfonctionnelle qui n’a que faire de vous. Je reçois beaucoup d’insultes, qui rebondissent sur moi sans m’atteindre. Et plus encore de remerciements et de témoignages similaires. Je me sens utilisée par un fantôme. Par des personnes qui n’existent que derrière leurs écrans, quand elles sont bien réelles. Mise à nue pour vendre. Pour consommer. Un produit. Une crème miraculeuse.  Pour le simple plaisir de nuire. Souillée, encore une fois.        Je me rends compte de toute l’ironie à utiliser l’arme qui m’a blessée mais je n’en connais pas d’autres. Les réseaux vont payer. Je les nomme, les accuse, les dénonce publiquement. Je plains chacun des membres de cette communauté infernale mais les forcer à ouvrir les yeux ne fonctionne pas. Alors je tente de faire interdire leurs groupes sur les réseaux sociaux. Chaque jour, un nom apparait. Je révèle leur identité aux yeux de tous. J’alerte les médias, friands de ces faits divers.        Mais la vengeance est semblable à mes coques de pistache. Sans saveur. J’ai beau tenter de me nourrir, je suis vide.        Alors que l’audience ne cesse d’augmenter, le but néanmoins s’éloigne et devient dérisoire. Ce n’est plus qu’un moyen au service de ma fin. Une pointe d’égo me traverse, je l’avoue. Mon corps faiblit et j’aimerais que l’on se souvienne de moi.        J’ai programmé ma dernière publication, la photo que l’on verra quand je serai partie : debout face au miroir, le balcon en fond, brandissant un magistral doigt d’honneur. Pistache git, inerte, à mes pieds. Sa dernière gamelle aura eu raison de lui.        Le succès de ce post ne consolera pas ma mère. Elle préférerait trouver des pistaches devant sa porte d’entrée.

  • Retraite d’écriture by Christine : retour sur notre première édition

    Du 4 au 6 août 2023, j’ai accueilli dans une abbaye de Sud Charente huit écrivains en herbe venus dans un but commun : se concentrer sur leur production littéraire et avancer le plus possible dans leur projet d’écriture. Retour sur ces trois jours intenses, riches en rencontres et en réflexions sur ce qu’écrire signifie au quotidien. Le silence : une nécessité pour tout écrivain, et tout être humain Depuis une quinzaine d’années, j’ai pris l’habitude de me rendre dans des lieux de culte afin d’y trouver calme, solitude et contemplation. Pourtant, je ne suis d’aucune confession religieuse. En revanche, je suis convaincue que chaque individu a besoin, pour son équilibre, d’une dimension spirituelle. Celle-ci doit passer par le silence et le dénuement matériel. S’éloigner de ses contraintes personnelles ou sortir de son confort habituel, le temps de quelques jours, permet de prendre du recul sur un quotidien devenu routinier, de faire le point sur ses aspirations, et peut-être d’envisager certaines actions pour arriver à un meilleur alignement entre ses valeurs et sa réalité. Pour beaucoup, vivre une retraite spirituelle est une bizarrerie ; pour d’autres, une idée des plus angoissantes. Pour un écrivain, c’est une nécessité. En effet, une fois sorti du brouhaha permanent, l'écrivain accède plus facilement à la patience, au courage et à l'exigence que requiert la pratique de l'écriture. Il peut ainsi s’immerger dans son univers de fiction, déterrer ses idées les plus enfouies, plonger corps et âme dans la création. J’ai toujours été surprise de la générosité avec laquelle on m’a accueillie dans chacun des monastères où j’ai demandé à séjourner. Une fois sur place, j’embrasse avec gratitude et soulagement le fait de redevenir anonyme : un être parmi les êtres, sans aucune autre intention que de se recentrer et d’être à l’écoute de son intériorité. Une retraite d’écriture pour se concentrer sur sa production littéraire Au fil des années est née l’envie d’offrir à d’autres écrivants la possibilité de vivre cette expérience. C’est ainsi que la retraite d’écriture by Christine a vu le jour. Grâce au soutien chaleureux des sœurs bénédictines de l’abbaye de Maumont, j’ai pu concevoir ce nouveau format de stage : 3 jours, 2 nuits, 6 heures d’ateliers, 15 heures d’écriture, et un entretien individuel pour chacun des participants. L’abbaye de Maumont , située au milieu des bois et des vallons de cette verte région, offre non seulement le calme, le confort, mais aussi la beauté du dénuement : ici, pas de superflu. Ce cadre exceptionnel, allié au rythme monacal, est idéal pour revenir à l’essentiel. Un groupe hétéroclite, uni par un même objectif Venus de Belgique, de Suisse, et des six coins de la France, tous sont arrivés à cette première retraite d’écriture avec le sourire et pleins de motivation. Certains avaient déjà suivi des formations en ligne de L'atelier d'écriture by Christine . Quelle joie de les rencontrer en personne, après les avoir accompagnés à distance et par visioconférence ! Pour d’autres, il s’agissait de leur première participation à l’un de mes stages . Des rencontres marquantes, scellées par le souvenir d’avoir passé tout un week-end en communauté, dans ce lieu atypique. Chaque journée a été rythmée par des temps en solitaire (longues plages d'écriture, chacun dans sa chambre individuelle) et des moments en groupe (ateliers de travail et partages plus détendus pendant les repas pris en commun). Chacun est venu à la retraite avec un projet littéraire en cours. Stéphanie travaille sur un roman psychologique, Tatiana sur un roman initiatique, Marie-Laure sur un roman dystopique. Camille a construit son récit autour d’un road trip au Chili. Patricia et Azeddine préparent tous les deux un roman historique, l’un se situant en Irlande, l’autre au Maroc. Marie a choisi de travailler sur un recueil de poèmes, et Christophe, de finaliser son recueil d’anecdotes familiales. La diversité des genres littéraires n’a pas empêché une communion autour de la pratique de l’écriture. Le groupe au complet Une expérience d’écriture immersive, marquante, transformatrice Certains faisaient face à des difficultés techniques : quels personnages garder et lesquels sacrifier ? Quel narrateur ou point de vue narratif choisir pour son récit ? Comment compléter l’arc narratif de son histoire et finaliser son séquencier ? D’autres étaient dans un questionnement sur leur légitimité à s'inscrire dans une pratique littéraire. Pendant les ateliers en groupe et les entretiens individuels, j’ai pu transmettre mon savoir-faire, et surtout, assister à la transformation des apprentis écrivains. L’intensité de l’expérience a permis aux uns et aux autres des prises de conscience rapides et des déblocages qui leur ont permis de faire un pas de géant dans leur écriture. L’une des participantes a même écrit un total de 20 000 mots au cours de cette retraite ! Ainsi, tous sont repartis avec une confiance grandie et la conviction que l’écriture doit occuper une place de choix dans leur vie. Et c’est là ma plus grande satisfaction en tant qu’animatrice et fondatrice de L’atelier d’écriture by Christine : permettre à d’autres de comprendre ce qu’écrire implique, et les encourager à marcher, courir, s’envoler sur ce chemin ! Et la suite ? Pari réussi donc, pour cette première édition de la retraite d’écriture by Christine. La deuxième édition est déjà en cours de préparation. Certains membres de ce premier groupe envisagent déjà de revenir. En attendant de s’offrir une retraite d'écriture et de plonger complètement dans son univers littéraire, le maître-mot, pour quiconque a un projet de livre, est le suivant : ACTION. Que vous consacriez cinq minutes ou une heure par jour à l’écriture, ce qui compte, c’est de passer de l’envie à l’action et, ainsi, de transformer le fantasme en réalité. Ils en parlent mieux que moi ! Camille et Marie racontent comment elles ont vécu la retraite d’écriture by Christine : Lisez également les témoignages écrits des autres retraitants : Un immense MERCI à tous nos participants ! 🌹🙏 Prochaine retraite d’écriture by Christine : pré-inscriptions ouvertes ! Si vous aussi vous voulez vivre cette expérience immersive, dans un lieu exceptionnel, pré-inscrivez-vous dès maintenant car les places sont limitées !

  • Faire relire son manuscrit par des bêta lecteurs

    Nous poursuivons notre série «  Comment augmenter ses chances d’être publié par une maison d’édition à compte d’éditeur  ? » avec ce deuxième billet de blog.   Avant de l’envoyer à des maisons d’édition, il est impératif de faire relire son manuscrit par des bêta lecteurs, pour le soumettre à un regard extérieur. Comme mentionné dans notre précédent article , beaucoup d’écrivains amateurs commettent l’erreur d’envoyer un premier jet, c'est-à-dire un manuscrit qui n’a pas été retravaillé et donc non abouti.   Pourquoi faire relire son manuscrit par des bêta lecteurs ?   Grâce à leur regard extérieur, les bêta lecteurs vous aideront à déceler les faiblesses de votre manuscrit qui vous ont échappé. En effet, ce qui est parfaitement clair pour vous ne l’est pas nécessairement pour les autres. Parfois, les passages dont vous êtes le plus satisfait sont précisément ceux que les lecteurs apprécieront le moins. Recevoir plusieurs avis objectifs sur votre manuscrit est donc nécessaire pour vous assurer de sa clarté et de sa qualité.   Comment choisir ses bêta lecteurs ?   L’idéal est d’être lu par un éditeur, un auteur aguerri ou un relecteur professionnel . Le regard d’un expert est toujours objectif, détaillé, précis et avisé. L’ expérience accumulée par la lecture de centaines de manuscrits permet aux professionnels du métier de porter un jugement affiné, tant sur le plan de la technique narrative que celui de la langue. Ainsi, André Malraux était le bêta lecteur d’Albert Camus pour L’Étranger , et Gustave Flaubert celui de Guy de Maupassant pour l’ensemble de ses écrits.   Avant de demander l’expertise d’un relecteur professionnel, vous pouvez aussi vous tourner vers des personnes qui ne sont pas du métier, et dont vous pensez que la lecture attentive et les retours critiques seront utiles.   ⚠️ La famille et les amis ne sont pas les meilleures personnes à qui demander une bêta lecture. Pourquoi ? Parce que leurs retours seront rarement constructifs, en raison de leur manque d’objectivité à votre égard. A ce stade, vous n’avez plus besoin d’encouragements du type « C’est très bien » ou « J’ai adoré », mais bien d’un œil critique pour déceler les points qu’il reste à retravailler.   Voici quelques conseils pour choisir vos bêta lecteurs :   Le bêta lecteur idéal : lit beaucoup , depuis de nombreuses années. En lui donnant à lire votre manuscrit, vous ne lui demandez pas un effort insurmontable car lire est une seconde nature chez lui. Il sait dire s’il a aimé un livre ou pas, et il peut expliquer pourquoi. possède un esprit critique . Une personne qui vous dit simplement que votre roman est « génial » n’est pas un bon bêta lecteur. Un bon bêta lecteur est capable de vous faire des remarques précises et étayées. Par exemple : « Je ne me suis pas attaché aux personnages car ils n’étaient ni visibles, ni crédibles » ; « Le début était accrocheur, mais à la page 50, mon intérêt a commencé à faiblir. J’ai dû m’accrocher pour poursuivre la lecture, mais ça allait mieux à partir de la page 100 » ; « Parfois, j’ai eu la sensation que c’était l’auteur qui se mettait à parler, et non les personnages ou le narrateur » ; « J’étais perdu dans la chronologie » ; etc. est honnête et sincère . Il ne cherche pas à vous faire plaisir, mais a à cœur de vous aider à écrire le meilleur roman possible. Il sait trouver les bons mots pour critiquer votre livre ; ainsi, vous savez que ce n’est pas vous qu’il juge, mais votre texte.   A quel moment demander une bêta lecture ?   S’il est tentant de partager des extraits de son premier jet avec des proches, dans l’espoir d’obtenir un mot d’encouragement de leur part, cette pratique est déconseillée car elle manque de pertinence.   En effet, recevoir des avis sur un texte qui n’est qu’à l’état d’ébauche, que vous allez retravailler maintes fois avant de lui donner sa forme finale, est contre-productif. Non seulement vous donnez à lire un texte plein de défauts (ce qui n’est pas des plus agréables pour le lecteur), mais en plus, celui-ci risque de vous faire des remarques sur des parties que vous auriez de toute façon retravaillées dans une version ultérieure.   « Je veux que mes erreurs deviennent évidentes pour moi avant que quelqu’un d’autre n’ait à souffrir en les lisant, donc je ne ressens jamais le besoin de faire lire quoi que ce soit avant un long moment. » Jeffrey Eugenides dans une interview pour The Paris Review , août 2011.   Le meilleur moment pour faire lire votre manuscrit est donc celui où vous ne voyez plus ce que vous pourriez améliorer dans votre texte. Vous l’avez déjà tellement relu et retravaillé que vous ne parvenez plus à prendre de recul et à voir les faiblesses restantes.   Combien faut-il de bêta lecteurs ?   Entre trois et cinq bêta lecteurs serait idéal. Obtenir plusieurs avis vous aidera à savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans votre roman. Des avis qui se recoupent sont tout aussi intéressants que des avis tranchés. Par exemple, il se pourrait que vos cinq bêta lecteurs s’accordent à dire que votre scène d’ouverture est accrocheuse ; mais que trois d’entre eux n’aient pas compris le dénouement, tandis que les deux autres l’ont trouvé particulièrement réussi.    Un grand nombre de bêta lecteurs n’est pas utile car vous risqueriez de vous perdre au milieu de toutes les remarques reçues.    Mettez-vous en quête de vos bêta lecteurs :   Dressez une liste des candidats potentiels à cette tâche ardue et gratifiante qu’est la bêta lecture. Pour le moment, soyez exhaustif. Faites un premier tri  : ne retenez que les personnes qui semblent correspondre aux trois critères cités ci-dessus (« Le bêta lecteur idéal lit beaucoup, possède un esprit critique, est honnête et sincère »). Contactez chacune de ces personnes et formulez une demande précise  : expliquez-leur l’importance que ce projet revêt à vos yeux, dites-leur ce que vous attendez d’eux, donnez-leur un délai. Laissez-les libres d’accepter ou de refuser cette mission : un lecteur qui ne s’investit qu’à moitié (par manque de temps, d’intérêt ou de motivation) ne sera pas un bon bêta lecteur.   Et après la bêta lecture ?   Une fois que vos bêta lecteurs vous ont fait part de leurs commentaires, remerciez-les pour leur précieux temps, et soyez ouverts à toutes leurs critiques constructives. Même si certaines remarques ne sont pas agréables à entendre, elles sont toujours destinées à vous faire progresser.   Ensuite, c’est à vous de décider ce que vous choisissez de retravailler ou de laisser en l’état. Vous n’êtes pas obligé de tenir compte de l’intégralité des remarques de vos bêta lecteurs.  Vous pouvez décider d’en intégrer certaines et pas d’autres, en fonction de votre intention de départ. Suivez votre intuition et faites preuve de discernement. Mais gardez toujours à l’esprit que si vos bêta lecteurs ont souligné telle phrase à éclaircir ou tel aspect à développer, c’est que ces points-là nécessitent au moins une nouvelle réflexion de votre part.   Retravaillez votre manuscrit en conséquence. Accordez autant de temps que nécessaire à cette étape. Il est fréquent, et même recommandé, de produire alors plusieurs nouvelles versions de son manuscrit : un deuxième jet pour renforcer les faiblesses structurelles, un troisième jet pour approfondir les personnages, un quatrième jet pour améliorer le rythme, un cinquième pour travailler le style, etc.   *** 💡 Si vous souhaitez apprendre une méthode complète pour retravailler le premier jet de votre manuscrit, nous vous suggérons de suivre la formation «   Retravailler un roman  » : En savoir plus sur nos format 💡 Si vous souhaitez soumettre votre manuscrit à un relecteur professionnel , demandez un devis gratuit pour une analyse détaillée de votre texte : ***   Dans un prochain billet de blog , nous verrons à quel moment envoyer son manuscrit et comment le présenter, pour convaincre une maison d’édition de le publier.

  • Écrire un livre : suis-je légitime ?

    Dans ce nouveau billet de blog, je m’attache à répondre aux questions de deux de nos anciennes participantes : Elisabeth et Nadine 🙋🙋 Elisabeth pose la question de la légitimité : qui suis-je pour prétendre vouloir écrire un livre ? Nadine se demande comment ôter ses doutes. Comment dépasser ces moments où on a l’impression de ne pas être sur la bonne voie et quand on se relit, l’envie nous prend de tout jeter à la poubelle ! Ces deux questions, a priori différentes, recoupent pourtant le même sujet : suis-je capable d’écrire un livre et ce livre intéressera-t-il quelqu’un ? Exprimer sa vérité, sa vision du monde Ecrire, c’est mettre en mots notre vision du monde, comment nous voyons les choses, avec notre sensibilité, notre vécu, notre spécificité. Chacun de nous a le droit de vouloir exprimer sa vérité. Nous sommes tous légitimes à vouloir mettre des mots sur nos expériences, car celles-ci sont uniques. Je suis personnellement convaincue qu’écrire fait de nous des êtres meilleurs. Parce que l’écriture est une discipline exigeante, elle nous tire vers le haut, nous amène à persévérer, à nous dépasser, à être d’éternels apprenants, à faire preuve d’humilité et à devenir plus patients. L’écriture nous pousse à éclaircir notre pensée, à chercher le mot juste, à fournir toujours plus de travail pour exceller. Quels prérequis pour écrire un livre ? Bien entendu, la maîtrise de la langue est un prérequis si nous voulons nous exprimer à l’écrit et souhaitons être lus par les autres. Au-delà de la compétence linguistique, la connaissance et l’application de techniques de la narration , telles que : La recherche d’une thématique forte (le fil conducteur, que j’appelle aussi « le message » dans mes ateliers d’écriture ) ; La construction d’une intrigue ; La création de personnages denses et attachants ; Le choix d’un point de vue narratif ; L’écriture de dialogues crédibles ; etc. sont également nécessaires pour commencer et terminer l’écriture d’un livre. Mais ces techniques peuvent s’apprendre . Si nous maîtrisons donc la langue (ou que nous faisons notre maximum pour la maîtriser), que nous sommes prêts à apprendre les rouages de l’écriture et à travailler pour les appliquer, que nous avons une vision, un message unique à faire passer, alors oui, nous sommes légitimes à vouloir écrire un livre. D’où viennent les doutes ? Ce qui crée les doutes, cette remise en question sur sa légitimité, ce sont principalement deux facteurs : Chez certains individus, il s’agit du manque de confiance en soi, intrinsèque à la personne, qui ne touche pas que le domaine de l’écriture, mais tous les aspects de la vie ; Chez d’autres, et le plus souvent, il s’agit du décalage entre l’ambition recherchée et sa capacité à l’instant T. Pour ce qui est de la confiance en soi, un travail sur soi s’impose. Mais nous sortons ici du cadre de l’écriture, donc je ne m’avancerai pas à donner de conseils. Développons en revanche la deuxième explication : le décalage entre son ambition et sa capacité. Une erreur courante consiste à se répéter en boucle : « Quand je lis mon auteur préféré, je me dis que je suis loin d’être à la hauteur pour écrire un livre moi aussi ». Cette pensée est fréquente et normale, car elle est tout simplement le reflet d’une réalité : effectivement, aujourd’hui, nous ne sommes pas à la hauteur des auteurs que nous admirons. Mais n’oublions pas que : Nous n’avons pas (encore) la même pratique, expérience et expertise que les grands auteurs. Victor Hugo, par exemple, n’est pas devenu un géant de la littérature du jour au lendemain. Nous connaissons ses œuvres magistrales, mais nous ignorons que depuis l’âge de quinze ans, le jeune Victor s’astreignait à apprendre par cœur, tous les soirs avant de se coucher, trente vers de Virgile pour les traduire le lendemain à son réveil, et qu’il écrivait tous les jours, d’arrache-pied, tout le temps, partout. (1) Chez les auteurs que nous admirons, nous ne voyons souvent que le résultat (les livres publiés), et nous occultons le labeur, les décennies de travail, les milliers d’heures d’écriture, les ratages, c’est-à-dire les nombreux manuscrits refusés avant la fameuse publication. Les grands écrivains n’ont pas connu le succès et la gloire par hasard, ni sans fournir d’efforts. Alors pourquoi cela serait-il différent pour nous, aspirants à l’écriture ? Se comparer à Victor Hugo à l’apogée de son succès, alors que nous débutons tout juste dans l’écriture, c’est comme confectionner sa toute première baguette de pain, sans savoir-faire ni entrainement, et se lamenter que personne ne voudra nous l’acheter, alors que le boulanger du quartier qui a plus de vingt ans de métier en vend plusieurs douzaines tous les matins ! La légitimité se construit par l’action Tout le monde parviendra-t-il à écrire un livre et à le publier ? La réponse est non : en France, sur 1500 manuscrits, un seul fera l’objet d’une publication à compte d’éditeur . (2) Tout le monde peut-il vouloir écrire un livre et le faire du mieux qu’il peut ? La réponse est un grand oui. Comme Nadine, nous ne serons pas toujours satisfaits de nos écrits, en tout cas pas tout de suite, mais si nous persévérons, que nous cherchons constamment à les améliorer, alors nous construisons notre propre légitimité. Rien de tel que l’action, c’est-à-dire le fait d’avoir noirci des pages et des pages, d’avoir réussi à se discipliner et écrit régulièrement, de voir ses textes prendre forme, pour avoir la preuve empirique, concrète et visuelle que nous sommes sur la bonne voie. Cette légitimité-là, bien plus qu’une validation extérieure, venant des autres, sera bien plus solide car elle nous appartiendra et personne ne pourra venir la contredire. Avoir des doutes : c’est bon signe ! Enfin, un rappel important : le doute accompagne en permanence celui qui écrit. Il nous poursuit tout au long de notre parcours d’écriture, même après des années de pratique, même quand nous avons déjà publié un ou plusieurs ouvrages. De nombreux écrivains reconnus restent pétris de doutes, même en fin de carrière. Et c’est tant mieux ! Car cesser de se remettre en question risquerait de nous faire stagner – voire régresser – en tout cas de nous éloigner de la réflexion et de la recherche constantes que requièrent la création littéraire. Or, n’est-ce pas le propre de la création que de ne pas se contenter du minimum, de toujours chercher à aller plus loin ? Bien entendu, il ne s’agit pas de laisser les doutes s’installer trop longtemps, car ils risqueraient de nous paralyser dans notre processus d’écriture, mais bien de trouver un savant équilibre entre la réflexion, la remise en question, l’exploration et l’action – celle de coucher les mots sur le papier, ce qui doit rester la finalité de toute démarche d’écriture. Prêt à passer à l’action ? Si vous aussi vous souhaitez apprendre à apprivoiser ce sentiment de doute pour le mettre à profit dans votre création littéraire, à vous sentir légitime dans votre démarche d’écriture, rejoignez notre formation « Devenir un écrivain discipliné » qui vous donnera les outils pour passer à l’action ! Par ailleurs, si comme Nadine et Elisabeth vous vous posez des questions sur l’écriture, écrivez-nous et nous vous répondrons avec plaisir dans ce blog ! 💡 *** Sources : (1) Alain Decaux, Victor Hugo . Editions Perrin, 1984. (2) Didier Jacob, « Édition : que se passe-t-il dans ces fameux comités de lecture ? » , Le Nouvel Observateur, le 25 mars 2017.

  • 26 conseils d'écriture en vidéo pour écrire un roman

    Vous avez décidé de vous consacrer à l'écriture et vous cherchez des conseils pour écrire ce roman que vous avez en tête depuis longtemps ? Sur sa chaîne Youtube , Christine vous livre ses astuces, techniques et conseils d'écriture pour avancer. Des conseils d'écriture pour devenir écrivain Chaque vidéo, d'une durée de 2 à 3 minutes, offre un concentré de conseils et de cours théorique synthétisé, afin de dispenser l'essentiel d'un savoir-faire : l'écriture de fiction. ​ Dans ces vidéos, Christine explique de manière concise et précise des techniques narratives concrètes, pour comprendre les mécanismes de la narration et réussir dans l'écriture exigeante d'un texte de fiction, qu'il soit long ou court, roman ou nouvelle. Elle relève également les erreurs les plus fréquentes et vous explique comment les corriger ou les éviter. Vous augmentez ainsi vos chances de retenir l'attention des lecteurs et des éditeurs. Christine met un point d'honneur à déconstruire les nombreux mythes qui perdurent autour de l'écriture (comme celui de l'inspiration, par exemple) et à aborder les vraies problématiques que rencontre tout écrivain, de façon directe et pragmatique, en s'appuyant sur de solides références littéraires choisies parmi les grands écrivains. Elle partage ainsi ses secrets d'écrivain pour mettre en place la fameuse « discipline », indispensable à quiconque souhaite écrire régulièrement, aller jusqu'au bout de ses projets d'écriture et mettre le point final à ses manuscrits. Pas de formule magique, mais un contenu dense, à voir et à revoir, à méditer, à appliquer ! Les conseils d'écriture by Christine sont un bon complément à une participation à nos ateliers d'écriture et formations à l'écriture de romans. Quelques exemples de thèmes abordés : Se discipliner dans sa pratique d'écriture Prendre de bonnes résolutions S'organiser pour mieux écrire Dépasser ses blocages Gérer ses doutes Lire beaucoup Trouver ses messages Ecrire sans inspiration Oublier la publication Quelques exemples de techniques enseignées : Structurer son histoire Créer des personnages vivants Ecrire des dialogues crédibles Faire bon usage des lieux Maîtriser la temporalité Choisir le point de vue narratif Sortir des lieux communs Elaguer son texte La clarté avant tout ​ Que vous ayez pour projet de publier un livre ou juste l'envie d'écrire, cliquez, visionnez ! 💻🎧 Conseil d'écriture n°1 : écrire, ça s'apprend ! « Il existe un mythe selon lequel l’écriture créative serait un don inné. Selon ce mythe, on ne devient pas écrivain, mais on est écrivain de naissance. Comme si ce talent était un don du ciel, ou qu’on était foudroyé par l’inspiration qui nous pousse à écrire... » Conseil d'écriture n°2 : écrire, c'est du travail ! « Ecrire, c’est accepter de passer des heures et des heures à construire son roman, développer ses personnages, travailler son texte, le couper, ajouter, revenir en arrière pour s’assurer de la cohérence... » Conseil d'écriture n°3 : écrire, c'est de la discipline ! « L’envie d’écrire est là, les idées ne manquent pas, mais comment écrire régulièrement, tenir sur la durée, être discipliné jusqu’au point final de son manuscrit ? L'écrivain Murakami... » Conseil d'écriture n°4 : écrire, c'est être clair et précis ! « On croit que l’écrivain doit posséder deux qualités avant tout : l’imagination et la créativité. C’est vrai, mais si votre but est d’être lu par les autres, votre priorité numéro un est d’être clair et précis... » Conseil d'écriture n°5 : écrire, c'est avoir des doutes ! « Le doute, c’est cette petite voix qu’on entend dans sa tête et qui nous chuchote "Tu n’y arriveras jamais", "Qui es-tu pour avoir la prétention d’écrire un livre ?" Si vous avez déjà essayé d’écrire sérieusement... » Conseil d'écriture n°6 : écrire, c'est faire des choix ! « Quand on écrit, on ne peut pas tout dire. Vouloir aborder plusieurs thèmes dans un même écrit, parce que chacun de ces thèmes nous tient à cœur, est une erreur... » Conseil d'écriture n°7 : écrire, c'est faire bon usage des lieux ! « Cette semaine, je suis dans un lieu mythique : Venise, ville des amoureux, des gondoles, de ses fameux canaux. Un lieu comme Venise peut être une source d’inspiration et de création littéraire... » Conseil d'écriture n°8 : écrire, c'est aussi lire beaucoup ! « Pourquoi faut-il lire beaucoup pour bien écrire ? Parce que, comme dans toute discipline, on apprend par l’observation des maîtres avant de pratiquer nous-mêmes. Observer le rythme... » Conseil d'écriture n°9 : écrire, c'est dépasser ses blocages ! « Les blocages viennent de l’idée reçue que dès qu’on se met à son bureau, on devrait être frappé par l’inspiration et se mettre à écrire de façon magique, et de ce premier jet devrait résulter un texte parfait... » Conseil d'écriture n°10 : écrire, c'est créer des personnages vivants ! « Lorsque vous écrivez de la fiction, ce sont les personnages qui portent votre histoire et le message que vous voulez faire passer à travers l’écriture. Il est donc très important que ces personnages soient vivants... » Conseil d'écriture n°11 : écrire, c'est avoir des messages à faire passer ! « Pourquoi écrit-on ? Nous avons tous nos raisons d’écrire et celles-ci peuvent être différentes d’une personne à une autre. Mais on écrit surtout parce qu’on a des messages à faire passer... » Conseil d'écriture n°12 : écrire, c'est créer des dialogues crédibles ! « Lorsque vous écrivez de la fiction, votre récit doit nécessairement comporter des dialogues. Les dialogues ont plusieurs fonctions au sein d’un texte, et notamment celle de dynamiser votre récit... » Conseil d'écriture n°13 : écrire, c'est maîtriser la temporalité ! « Lorsqu’on écrit un roman, on a souvent l’enchaînement logique des événements dans sa tête. On croit que parce que ces éléments sont clairs dans notre esprit, ils le seront également pour le lecteur... » Conseil d'écriture n°14 : écrire, c'est prendre de bonnes résolutions ! « Ecrire est une décision. Pour arriver à écrire et à progresser, on doit volontairement choisir de faire de l’écriture une priorité. Que vous envisagiez l’écriture comme un hobby ou une activité professionnelle... » Conseil d'écriture n°15 : écrire, c'est structurer son histoire ! « L'écriture d’un roman demande un travail de construction préalable. Pour qu’une histoire se tienne, on doit réfléchir à sa structure... » Conseil d'écriture n°16 : écrire, c'est sortir de sa solitude ! « Ecrire est un acte solitaire. Si l’on veut écrire un roman, on doit être à l’aise avec l’idée de passer des heures et des heures seul, devant son écran d’ordinateur, ou avec ses pages blanches... » Conseil d'écriture n°17 : écrire, c'est être authentique ! « Que l’on écrive de la poésie, un essai, des billets de blog, et même de la fiction, la pratique de l’écriture exige un engagement, celui d’être sincère et personnel... » Conseil d'écriture n°18 : écrire, ce n'est pas une affaire d'édition ! « Lorsqu’on écrit, il est bien sûr légitime de vouloir être lu par les autres, et donc d’être publié. Cependant, la publication, considérée comme la consécration ultime, ne doit pas être le moteur premier... » Conseil d'écriture n°19 : écrire, c'est de l'organisation ! « Vous avez décidé de vous lancer et de mettre votre projet d’écriture au tableau de vos priorités. L’une des premières étapes à ne pas négliger, avant même de commencer à écrire, est de vous organiser... » Conseil d'écriture n°20 : écrire, c'est voyager ! « Tout au long du XXe siècle, Tanger fut le lieu de passage de nombreux écrivains : De Truman Capote à Jack Kerouac, en passant par Antoine de Saint-Exupéry, Tennessee Williams, Roland Barthes, Jean Genet... » Conseil d'écriture n°21 : écrire, c'est accepter l'échec ! « Lorsqu’on écrit, on peut avoir l’impression d’être en échec, de ne pas arriver à trouver les mots justes, que son style n’est pas à la mesure de la grandeur de ses idées. Cette sensation est normale... » Conseil d'écriture n°22 : écrire, c'est sortir des lieux communs ! « Qu’est-ce qu’un lieu commun ? C’est tout ce qui relève de la banalité. C’est une expression toute faite, telle que « avoir le cœur sur la main ». C’est une métaphore sans originalité, telle que... » Conseil d'écriture n°23 : écrire, ce n'est pas que thérapeutique ! « Si l’acte d’écrire peut avoir des vertus cathartiques et l’écriture peut parfois être recommandée dans le cadre de thérapies, il ne faut pas oublier que le travail de création littéraire va bien au-delà... » Conseil d'écriture n°24 : écrire, ce n'est pas attendre l'inspiration ! « L’un des plus grands mythes autour de l’écriture consiste à croire que pour écrire, il faut attendre d’être inspiré. C’est faux ! L'image de l'écrivain frappé par la foudre de l'inspiration... » Conseil d'écriture n°25 : écrire, c'est bien choisir son point de vue ! « Le point de vue répond aux questions "Qui décrit les événements ?", "Par quel œil suis-je en train de suivre la scène ? ». Le point de vue correspond au type de narrateur que l’on va choisir pour écrire son histoire... » Conseil d'écriture n°26 : écrire, c'est savoir élaguer ! « Lorsqu’on débute dans l’écriture, on croit souvent que, plus il y a de personnages, plus les mots sont nombreux, plus l’intrigue est complexe, et meilleur sera notre roman. Or, cela est rarement vrai... » *** En savoir plus sur nos stages, ateliers et formations à l'écriture de fiction, mais aussi nos activités gratuites !

  • Concours de nouvelles by Christine 2023 : découvrez les textes de nos lauréats !

    Les résultats de notre concours de nouvelles 2023 ont été annoncés le 4 septembre. Un grand bravo à nos quatre gagnantes pour leur écriture « sans complaisance » 👏👏👏 Lisez, sans plus attendre, les nouvelles qui ont été primées ! Copyright © : Tous droits réservés. *** 🏆 Premier prix : « Pachamama » de Lola Monset Cette nouvelle a convaincu le jury à l'unanimité, pour l'originalité de son sujet, l'engagement de l'auteure, la puissance de la voix narrative et la maturité de l'écriture. 🏅 Prix spécial : « Ch1 + Spsss222 » de Farah Chabaud Le jury a été séduit par la modernité du sujet et l'écriture très contemporaine de cette nouvelle. 🏅 Prix spécial : « La nuit je brûle » d'Audrey Da Silva Le jury salue l'audace de l'auteure, et la félicite pour oser aborder un sujet inconfortable et l'avoir traité avec authenticité et sans complaisance. 🏅 Prix spécial : « Merda d'artista » d'Elsa Bernard Le jury a aimé la voix impertinente du narrateur et la qualité de la réflexion intellectuelle proposée par cette nouvelle. *** Pour en savoir plus sur les coulisses du concours et la manière dont le jury a procédé pour sélectionner les lauréats, lisez notre billet de blog :

  • Devenir écrivain : mythes et réalités sur le métier

    Aujourd’hui, dans ce billet de blog, je vous propose de nous intéresser au métier d’écrivain, d’en déconstruire certains mythes et d’en donner un aperçu qui soit plus proche de la réalité. Talent inné ou apprentissage d’un métier ? Mythe n°1 : un écrivain est doté d’un talent inné ; écrire est naturel pour lui. La réalité : si le talent (beaucoup plus rare qu’on ne l’imagine) peut sublimer une pensée, une idée, des mots, il n’est jamais suffisant pour commencer et achever l’écriture d’un livre. Un livre ne s’écrit jamais tout seul, c’est-à-dire naturellement, ou d’une seule traite, ou sans travail ni effort. Si vous suivez ce blog ou que vous avez déjà participé à l’une de nos formations à l’écriture créative , vous savez que l’un des crédos de L’atelier d’écriture by Christine est qu’ écrire un roman, cela s’apprend et requiert beaucoup de travail. Certains auteurs se proclament autodidactes. Ceux-ci sont généralement de très grands lecteurs, c’est-à-dire des personnes qui se sont nourries abondamment de littérature classique et/ou de fiction contemporaine depuis leur plus jeune âge. En lisant énormément, ces écrivains ont, consciemment ou pas, enregistré dans leur mémoire cognitive les mécanismes de la narration et du romanesque. Ils sont alors capables d’appliquer certaines de ces techniques narratives lors de l’écriture de leurs propres livres. De plus en plus d’auteurs se forment au métier d'écrivain, apprennent des techniques d'écriture en participant à des ateliers d’écriture ou en suivant un master de création littéraire à l’université. C’est un fait qu’on ignore souvent, car la pratique est encore nouvelle en France, alors que dans le monde anglo-saxon, une écrasante majorité des auteurs que nous adulons sont passés par un cursus universitaire de creative writing. Écrire un livre n’est jamais chose facile et ne s’improvise pas – même pour les écrivains expérimentés ou dits « talentueux ». Combien d’heures d’écriture par jour ? Mythe n°2 : un écrivain écrit toute la journée. La réalité : écrire requiert une telle énergie psychique que même les écrivains les plus expérimentés, même ceux qui ont fait de l’écriture leur métier, n’écrivent qu’un maximum de 4 à 5 heures par jour. Bien sûr, il y a toujours des exceptions à la règle. Mais les Honoré de Balzac et Stephen King ne sont pas légion. Durant mes périodes les plus productives, je suis capable d’écrire 3 heures par jour, pas plus. Au-delà de ce quota, mon cerveau est en surrégime, mon corps ne suit plus (il m’arrive alors de tomber de fatigue et de faire une sieste en pleine journée). Je dois m’arrêter sous peine de frôler la saturation et ne pas arriver à m’y remettre le lendemain. Parfois, de manière exceptionnelle, il m’arrive d’atteindre un plafond de 5 heures d’écriture par jour, mais cela n’est possible qu’après des semaines d’entraînement, quand j’ai écrit tous les jours sans interruption pendant plusieurs mois d’affilée. Cet entraînement soutenu me permet d’augmenter progressivement mon volume d’écriture, comme le ferait un coureur de fond qui commencerait par une demi-heure de course par jour et finirait par courir plusieurs heures par jour. J’ai connu ce rendement de 5 heures à deux reprises : lors de la phase finale de la réécriture de mes livres Embarquement pour la Chine et Au royaume des aveugles . Lors des étapes d’élaboration, de construction et d’écriture du premier jet, je ne suis pas capable d’aller au-delà de 2-3 heures par jour. En cas de « mauvais jour » où ma productivité littéraire est très faible pour des raisons diverses, je m’astreins à écrire un minimum de vingt minutes. Et en cas de situation « extrême » (si j’ai des urgences à régler ou que je suis malade), j’écris une seule ligne : cela me permet de ne pas perdre de vue mon projet. Quelques écrivains au travail ! De haut en bas et de gauche à droite : Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, Alexandre Soljenitsyne, James Baldwin, Harper Lee, Nicolas Bouvier. Trouver l’inspiration ou se discipliner pour écrire ? Mythe n°3 : l’écrivain sait comment trouver l’inspiration chaque jour, et c’est l’inspiration qui lui permet d’écrire. La réalité : l’écrivain n’attend pas l’inspiration. Il se met tous les jours à son bureau, qu’il soit inspiré ou non, qu’il ait envie d’écrire ou pas. Pendant mes premières années d’écriture, moi aussi j’attendais que l’inspiration vienne pour me saisir de mon carnet et de mon stylo. Transportée par cette forme d’énergie créatrice qui me frappait de temps à autre, je jubilais alors : les mots coulaient tous seuls, les phrases qui se formaient ne me semblaient pas trop mauvaises et j’avais la sensation d’être dans un état de transe à haute charge émotionnelle ! Plusieurs années plus tard, le constat était sans appel : ces quelques minutes de grâce par-ci par-là, aussi agréables fussent-elles, seraient toujours insuffisantes pour aller jusqu’au bout de mon premier roman. Pire : en relisant à froid ces phrases que je croyais réussies, je réalisai l’urgence de les retravailler… ou de les jeter à la poubelle ! Si les instants de fulgurance sans effort peuvent donner lieu à quelques beaux passages, il est absolument indispensable de se discipliner, de multiplier les plages d’écriture pour espérer écrire régulièrement et produire abondamment – deux objectifs à atteindre si l’on souhaite terminer l’écriture d’un livre. Chaque écrivain a ses propres habitudes d'écriture, mais rares sont les écrivains professionnels qui souffrent du syndrome de la page blanche : ils savent qu'ils doivent s'asseoir à leur bureau et poursuivre l'écriture de leurs projets littéraires chaque jour, s'ils veulent envoyer leurs manuscrits à leur maison d'édition dans des délais raisonnables. Ils ne se demandent pas comment écrire chaque jour, ils écrivent chaque jour . Comme disait Philip Roth : « Le travail est essentiel. Seuls les amateurs attendent l’inspiration. » Devenir écrivain : un métier à temps plein ? Mythe n°4 : l’écrivain passe ses journées à écrire et ne rien faire d’autre qu’écrire. La réalité : 98% des écrivains exercent un autre métier pour vivre. Devenir écrivain et vouloir se faire éditer n’est pas antinomique avec le fait d’avoir déjà une activité professionnelle à temps plein. Au contraire, c’est même bien souvent indispensable. Dans l’écrasante majorité des cas, l’écrivain doit nécessairement conserver une source de revenus en parallèle de son activité d’écriture pour pouvoir manger et payer ses factures. Les chiffres en témoignent : Une étude menée par la DGMIC (Direction Générale des Médias et des Industries Culturelles) en 2016 a recensé plus de 100 000 auteurs de livres en France, tous genres confondus. Sur ces 100 000 auteurs, seuls 5 % d’entre eux sont « affiliés », c’est-à-dire qu’ils ont perçu au moins 9 000 euros par an de la vente de leurs livres. Peut-on dire que l’on vit de sa plume avec seulement 9 000 € par an ? En réalité, pour gagner l’équivalent d’un SMIC, un auteur doit vendre plus de 10 000 exemplaires de ses livres par an (les droits d’auteur octroyés par les éditeurs s’élevant à 8% des ventes en moyenne en France). Par ailleurs, il est à noter que seuls ces 5% d’auteurs affiliés ont droit à une couverture sociale. Un mythe s’écroule : celui de l’écrivain qui connaît le succès et fait fortune dès la publication de son premier livre. On comprend mieux la nécessité pour 98 % des auteurs d’exercer un autre métier pour vivre. L’écriture doit être une envie chevillée au corps, un besoin impérieux pour soi-même, et non un moyen de réaliser son fantasme de richesse et reconnaissance sociale. Comme disait Jean d’Ormesson, « Littérature et besoin de gagner de l’argent sont incompatibles. » En effet, être écrivain ne signifie pas uniquement être passionné d'écriture, mais est souvent synonyme de sacrifices. Voir l’étude complète du 16 mars 2016 sur la situation économique des auteurs du livre (DGMIC). *** Si vous aussi, vous voulez vous confronter à la réalité du métier d'écrivain, vous avez la possibilité de suivre l'une de nos formations :

  • Ma retraite d'écriture : bilan après un mois

    Dans mon dernier billet de blog , je détaillais l’expérience que je m’apprêtais à vivre : une retraite d’écriture d’un mois, avec pour objectif six heures d’écriture par jour, six jours par semaine, zéro réseaux sociaux, inspirée du « crash » de Kazuo Ishiguro . La retraite est officiellement terminée depuis hier ! Retour sur ces quatre semaines d’immersion. 🤓 Pourquoi une retraite d'écriture ? Après la sortie de mon roman Au royaume des aveugles en septembre dernier, j’ai commencé deux autres projets d’écriture : une nouvelle qui fera partie d’une collection que je dirige et dont je vous parlerai bientôt, et un roman en anglais commencé il y a dix ans et que je souhaitais reprendre depuis le début. La phase du travail préparatoire (réflexion, construction, structuration) de ces deux projets étant terminés, le moment était arrivé d’entrer dans une nouvelle phase, une étape plus longue et qui requiert une plus grande immersion : la rédaction du premier jet. Stephen King, qui a écrit soixante-quatre romans, ou encore C. S. Lewis, connu pour ses Chroniques de Narnia, recommandent d’écrire le premier jet le plus vite possible, en trois mois maximum. Cette concentration permet en effet d’avancer tout en gardant une vision assez globale de sa trame et des autres procédés narratifs qu’on met en place lorsqu’on écrit une fiction. Cela évite aussi un certain nombre d’incohérences, celles-ci étant courantes lorsqu’un projet s’étire dans le temps. J’ai donc voulu consacrer un mois entier à la rédaction de mes deux projets. Cette fois-ci, l’objectif que je me suis fixé n’était pas un objectif de quantité (nombre de mots quotidiens), mais un objectif d’endurance : serai-je capable d’écrire 6 heures par jour ? Le plus facile : se motiver pour écrire Les points positifs de cette retraite d’écriture / ce qui a bien marché : Dès le Jour 1, j’ai tout de suite basculé dans un nouveau quotidien et réussi à suivre l’organisation millimétrée que j’avais mise en place. Ce qui a rendu cela possible : le fait d’avoir prévu cette retraite plusieurs mois à l’avance m’a permis de m’y préparer mentalement et matériellement, si bien que le moment venu, j’étais prête et n’ai pas eu besoin de temps d’adaptation. Le fait d’avoir communiqué à mes proches mon besoin d’isolement a aussi facilité les choses. Lors de la première semaine, l’objectif a été atteint et dépassé : de six heures, je suis rapidement passée à sept heures d’écriture par jour. Il a simplement fallu que j’essaie pour savoir que c’était possible ! ✌️ Grâce à ces nombreuses heures consacrées à l’écriture, la production a forcément suivi : j’ai écrit un premier jet d’une nouvelle de vingt pages, puis deux versions retravaillées, que j’ai finalement mises de côté pour tout reprendre de zéro avec un nouveau narrateur. J’ai également écrit les 30 000 premiers mots de mon roman, soit environ le tiers de la totalité. J’ai terminé cette retraite avec la certitude que j’irai jusqu’au bout de ce nouveau roman. Cela peut surprendre, mais même lorsqu’un auteur a déjà publié plusieurs livres, le doute est toujours présent au commencement d'un projet. Des questions telles que : « Vais-je y arriver une nouvelle fois ? » ; « Cette histoire vaut-elle le coup d’être racontée ? » ; « Aurai-je le courage nécessaire pour aller jusqu’au bout ? » sont le quotidien de tout écrivain, même après plusieurs décennies d’expérience. William Faulkner a dit : « Ecrire, c’est comme craquer une allumette au milieu de la nuit, en plein milieu du bois. Ce que vous comprenez alors, c’est combien il y a de l’obscurité partout. » Enfin, et c’est certainement la raison principale pour laquelle j’ai fait cette retraite, je voulais confirmer une nouvelle fois ma réponse à la question : l’écriture est-elle toujours une nécessité pour moi ? La réponse est oui, bien sûr ! 🙂 Le plus difficile : tenir sur la longueur Les points à améliorer / ce qui a moins bien marché : Sur quatre semaines, il faut s’attendre à des hauts et des bas. Les deux premières semaines se sont déroulées sans encombre, la troisième a été plus chaotique en raison de problèmes de santé, la quatrième m’a semblé longue, mais à trois jours de la fin j’ai eu un regain d’énergie et de motivation. A chaque baisse de régime, il est crucial de s’accrocher car le ralentissement n’est en général que temporaire : au bout de quelques jours voire quelques heures, la machine redémarre ! A mon plus grand regret, les six heures quotidiennes n’étaient pas suffisantes pour une immersion totale, c’est-à-dire pour « atteindre un état mental dans lequel mon monde fictif serait devenu plus réel pour moi que le monde réel », comme le décrit Kazuo Ishiguro. Aurait-il fallu y consacrer plus d’heures (Ishiguro a écrit dix heures par jour pendant son « crash ») ? Ou les vivre différemment ? 🤔 L’endurance, pour une retraite d’écriture, n’est pas que mentale ; elle est aussi physique. En fin de Semaine 2, alors que ma motivation et mon rendement étaient au top, j’ai dû m’arrêter pendant deux jours à cause de douleurs aiguës aux cervicales. Organiser sa propre retraite d’écriture Si vous aussi, vous avez un ou plusieurs projets et que vous souhaitez y consacrer un temps significatif, pourquoi ne pas organiser votre propre retraite d’écriture ? Voici mes conseils pour optimiser au mieux ce temps exceptionnel : 1. Planifiez votre retraite d'écriture à l’avance : Le fait de construire sa retraite d’écriture comme un vrai projet vous permettra de créer une attente enthousiaste et de vous y préparer mentalement et matériellement. Un peu comme on prépare ses vacances ! 2. Choisissez un lieu isolé et dépouillé Si vous le pouvez, retirez-vous dans un lieu où vous aurez l’assurance de n’être ni dérangé, ni sollicité. Par ailleurs, plus le lieu est dépouillé (sans piscine, ni internet ou autre distraction) et plus il vous sera aisé de vous concentrer sur votre écriture. Cherchez du côté des gites en pleine nature ou des centres de retraites, mais vérifiez d’abord que l’endroit n’a pas été réservé par des groupes car cela est assez fréquent. Les monastères religieux sont une bonne option également : la plupart accueille sans distinction de foi. 3. Réorganiser entièrement votre quotidien : S’il ne vous est pas possible d’aller dans un lieu isolé, vous pouvez faire votre retraite chez vous. Cela vous demandera cependant quelques réaménagements et la coopération de vos proches. En effet, vous ne pourrez pas continuer à avoir le même quotidien et ajouter à celui-ci une grande tranche d’écriture. Il vous faudra placer l’écriture au cœur de votre emploi du temps, lui accorder le plus gros de votre temps, et ajouter à votre planning les quelques impératifs auxquels vous ne pouvez pas déroger. Tout ce qui n’est pas indispensable (activités récréatives, sociales et familiales) doit être mis entre parenthèses durant votre retraite. 4. Ayez un objectif précis avant de commencer : Pour arriver à destination, vous devez savoir où vous voulez aller, sinon vous risquez de faire du sur-place pendant longtemps. Il convient donc de définir votre objectif avant de commencer votre retraite. Un bon objectif est chiffrable et ajustable. Quelques exemples : Ecrire 6 heures par jour, 6 jours par semaine, pendant 4 semaines. Ecrire 1000 mots par jour, quel que soit le temps que cela me demande. Avoir terminé le premier jet de mon roman, que j’estime à environ 60 000 mots, soit 2 000 mots par jour pendant 30 jours. Au bout d’une semaine, faites un premier bilan et réajustez votre objectif en fonction : Si vous avez largement dépassé votre objectif, mettez la barre plus haut ! Si vous n’avez pas atteint votre objectif, c’est certainement que vous avez mal estimé votre rendement au départ. Cela est fréquent lorsqu’on débute dans l’écriture : on ne sait pas forcément de quoi on est capable. Ne jetez pas l’éponge ; revoyez simplement votre objectif à la baisse pour qu’il corresponde à votre réalité. 5. Restez ouvert aux surprises et changements : Même avec une routine huilée, il y aura malheureusement des imprévus qui viendront menacer l’organisation que vous avez mise en place. Soyez flexible et adaptez-vous, plutôt que d’abandonner à la première difficulté rencontrée. 6. Equipez-vous : Si, comme moi, vous souffrez de douleurs aux cervicales à force de passer trop de temps devant l'écran de votre ordinateur portable 😫, voici peut-être la solution (dans mon cas, ce nouvel aménagement a tout de suite fait ses preuves) : 7. Investissez-vous à 100% : N’oubliez pas que les temps d’écriture sont toujours précieux car ils sont rares (quel que soit son métier ou son mode de vie). Mettez à profit ces moments-là en vous y engageant entièrement. Vous aurez tout le temps de revenir à vos autres préoccupations et distractions une fois la retraite terminée. Et vous, avez-vous déjà fait une retraite d’écriture ou envisagez-vous d’essayer ? Depuis 2023, L'atelier d'écriture by Christine organise des retraites d'écriture . Bénéficiez du cadre porteur d'un lieu spirituel pour vous immerger dans l'écriture le temps d'un week-end : Si votre situation ne vous permet pas encore de faire une retraite d’écriture, notre stage intensif « Devenir un écrivain discipliné » pourrait être une introduction à cette expérience immersive. Chaque jour, vous recevez un exercice qui vous permet de développer votre productivité littéraire, tout en construisant une solide discipline, indispensable pour aller jusqu’au bout de vos écrits. Pour en savoir plus sur toutes nos formations, cliquez ci-dessous :

  • Hommage à Zhu Renlai, mon éditeur

    Le 6 mars 2025, Zhu Renlai 朱人来 , fondateur des éditions Pacifica, s’est éteint. Il était âgé de 58 ans et venait de courir son cinquième semi-marathon. Il était mon éditeur. Celui qui a immédiatement cru en mon potentiel littéraire. Celui qui a publié mon premier livre, puis les suivants. Zhu Renlai n’a eu de cesse de me faire confiance – le meilleur des encouragements pour un jeune écrivain qui ne croit pas en sa propre valeur. Zhu Renlai était âgé d’une vingtaine d’années lorsqu’il a quitté sa Chine natale pour s’installer à Paris. Ce changement de vie était motivé par son amour inconditionnel pour les lettres françaises. Traducteur et interprète, expert en arts plastiques et nouveaux médias, il a écrit et édité l'un des tout premiers guides touristiques de Paris en chinois. En 1993, il a fondé les éditions Pacifica dans le but de promouvoir les ouvrages en langue française sur la Chine, et de publier des auteurs de langue chinoise en France. Il a ainsi fait connaître le travail de plus de 70 auteurs. Mon premier échange avec Zhu Renlai date du 17 décembre 2012. Embarquement pour la Chine , mon premier manuscrit, sommeillait dans mon ordinateur depuis janvier 2011, date à laquelle j’en avais terminé l’écriture, et à laquelle j’apprenais qu’Earnshaw Books, premier éditeur avec lequel j’avais signé, me laissait tomber. Lors d’un passage à Paris, je me suis rendue dans les bureaux des éditions Pacifica situés au 34, avenue des Champs-Elysées. J’ai alors fait la connaissance d'un homme doux, généreux, ouvert, d’une culture impressionnante et d’une intelligence rare. Zhu Renlai a ressuscité Embarquement pour la Chine . Notre collaboration s’est tout de suite avérée franche, honnête, d’une efficacité redoutable. Deux mois après notre premier échange de mails, je signais mon contrat d’édition chez Pacifica. Six mois plus tard, je tenais entre les mains mon premier livre. Je me souviens du jour où, en 2018, je lui ai parlé de la création de L’atelier d’écriture by Christine. Une légère nervosité teintait ma voix – un manque de légitimité, à l’époque ? – tandis que lui avait accueilli la nouvelle comme la plus grande des évidences. Sans ma rencontre avec Zhu Renlai, sans la publication de mon premier livre, L’atelier d’écriture by Christine ne serait peut-être pas né, et sans doute n’aurais-je rencontré aucune des 2 000 personnes qui, depuis, ont participé à mes ateliers. Je me souviens aussi de ses mots, lors de la parution en 2021 de mon deuxième livre, Au royaume des aveugles : « Avec cette publication, ton talent de romancière vient d’éclore. Il ne faut plus t’arrêter d’écrire, maintenant. » Lors de la signature d' Au royaume des aveugles à la librairie Le Phénix (octobre 2021) En 2022, lorsque je lui ai soumis l’idée d’un recueil de nouvelles co-écrit par des participants de mes ateliers d’écriture pour faire connaître ces talents, sa réponse a été renversante, et pourtant si fidèle à sa personne : « Non seulement je publierai le recueil, mais je te propose la création et la direction d’une collection au sein de Pacifica ». Ainsi était née la collection Élan , de l’initiative et de la conviction d’un homme animé par les lettres et entièrement dédié à leur diffusion. Zhu Renlai ne m’a pas seulement fait confiance, il m’a aussi laissée entièrement libre de choisir la ligne éditoriale, ainsi que les auteurs qui écriraient pour la collection Élan. Y a-t-il une meilleure définition de l’amitié que la combinaison de la confiance et de la liberté offertes à l’autre ? Les auteurs du recueil En marge , lors du lancement de la collection Élan (février 2023) autour de Zhu Renlai. Depuis vingt ans que je n’habite plus en France, Renlai faisait partie des rares personnes avec lesquelles je prenais systématiquement rendez-vous à chacun de mes passages à Paris. Pas uniquement dans le but de faire un point sur nos projets littéraires en cours, mais aussi et surtout pour le plaisir de retrouver un ami lettré, éclairé sur le monde et sur l’importance de la littérature. Je me souviens assez précisément de nos longues discussions, profondes et passionnantes. Je repartais de chacune de nos rencontres avec la conviction que j’étais à la bonne place. Grâce à lui. J’ai toujours eu conscience de ma chance de collaborer avec Renlai. Dans le dernier mail que je lui ai envoyé et qu’il a été en mesure de lire, j’écrivais : Mais c’est seulement à l’annonce de son décès que j’ai pris toute la mesure du rôle qu’il a joué dans mon parcours. C’est lui qui m’a permis de réaliser mon rêve de devenir écrivain. La dernière fois que j’ai vu Renlai, c’était en juillet 2024. Juste avant les J.O. Il m’a donné rendez-vous au café Le Royal Exelmans. Il a commandé un expresso et m’a offert mon orange pressée. Nous avons discuté de mon roman en cours, de mes retraites d’écriture, de l’état inquiétant du monde, de la santé de nos proches. Il portait sa veste en lin beige et, sur son visage, sa sérénité habituelle et son sourire discret. Nous nous sommes dit au revoir à mon arrêt de bus et je l’ai regardé partir, en pensant : « Quelle chance de l’avoir dans ma vie. » Zhu Renlai laisse une épouse et deux enfants. Toutes mes pensées sont pour eux.

  • Le club de lecture by Christine (en ligne) : lire avec des yeux d'écrivain

    S’il y a une chose sur laquelle tous les écrivains sont unanimes, c’est que chaque auteur est avant tout un grand lecteur. Aussi, L’atelier d’écriture by Christine a lancé son club de lecture en ligne, entièrement gratuit ! Le club de lecture by Christine (en ligne) : lire avec des yeux d'écrivain Comment ça fonctionne ? Fidèles à nos valeurs d’exigence, de curiosité et d’ouverture d’esprit, nous vous proposons de découvrir ou de relire chaque mois une œuvre importante de la littérature, classique ou contemporaine, française ou étrangère. Les réunions ont lieu en ligne, par visioconférence, et sont animées par Christine, notre fondatrice. A tour de rôle, chaque participant donne son opinion sur le livre du mois. Christine apporte son point de vue en tant qu’auteure et fait découvrir ce que signifie « lire avec des yeux d’écrivain ». Une excellente manière de progresser dans sa propre écriture ! ​ 2024 : l'année des prix Nobel de littérature Pour la deuxième année de notre Club de lecture, Christine a choisi de proposer des romans exclusivement écrit par des auteurs nobélisés . L'occasion pour les membres du club de découvrir des oeuvres inédites et de lire de la littérature étrangère. Programme du club de lecture en ligne pour l'année 2024 : Janvier 2024  : Œuvre à lire : L'Aveuglement  de José Saramago (1995) Date de la réunion : jeudi 8 février 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Février 2024 : Œuvre à lire : La Femme aux cheveux roux d'Orhan Pamuk Date de la réunion : jeudi 7 mars 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Mars 2024 : Œuvre à lire : Trop de bonheur d'Alice Munro (2009) Date de la réunion : jeudi 4 avril 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Avril 2024 : Œuvre à lire : Le Désert de l'amour de François Mauriac (1925) Date de la réunion : jeudi 2 mai 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Mai 2024 : Œuvre à lire : Les Vestiges du jour de Kazuo Ishiguo (1989) Date de la réunion : jeudi 6 juin 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Septembre 2024 : Œuvre à lire : Le Magicien de Lublin d'Isaac Bashevis Singer (1960) Date de la réunion : jeudi 3 octobre 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Octobre 2024  : Œuvre à lire : Chronique d'une mort annoncée de Gabriel Garcia Marquez (1981) Date de la réunion : jeudi 7 novembre 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) Novembre 2024  : Œuvre à lire : La Végétarienne de Han Kang (2007) Date de la réunion : jeudi 5 décembre 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) *** 2023 : l'année de la littérature classique En 2023, Christine s'est lancé le défi personnel de ne (re)lire que de la littérature classique. Ainsi, pour la première année de notre club de lecture, la sélection de livres est elle aussi entièrement composée d'oeuvres de la littérature classique . Programme du club de lecture en ligne pour l'année 2023 : Février 2023 : Œuvre à lire : Martin Eden de Jack London (1909) Date de la réunion : jeudi 2 mars 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Mars 2023 : Œuvre à lire : Frankenstein de Mary Shelley (1818) Date de la réunion : jeudi 30 mars 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) ​ Avril 2023 : Œuvre à lire : L'Œuvre d'Emile Zola (1886) Date de la réunion : jeudi 4 mai 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) ​ Mai 2023 : Œuvre à lire : Des souris et des hommes de John Steinbeck (1937) Date de la réunion : jeudi 1er juin 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) ​ Juin 2023 : Œuvre à lire : Le Baron perché d'Italo Calvino (1957) Date de la réunion : jeudi 6 juillet 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) ​​ Juillet 2023 : Œuvre à lire : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (1953) Date de la réunion : jeudi 3 août 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Août 2023 : Œuvre à lire : La Condition humaine d'André Malraux (1933) Date de la réunion : jeudi 7 septembre 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Septembre 2023 : Œuvre à lire : Le grand sommeil de Raymond Chandler (1939) Date de la réunion : jeudi 5 octobre 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Octobre 2023 : Œuvre à lire : La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï (1889) Date de la réunion : jeudi 2 novembre 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Novembre 2023 : Œuvre à lire : Le Mur invisible de Marlen Haushofer (1963) Date de la réunion : jeudi 7 décembre 2023 de 18h à 19h (heure de Paris) Décembre 2023 : Œuvre à lire : Au royaume des aveugles de Christine Leang (2021) Date de la réunion : jeudi 11 janvier 2024 de 18h à 19h (heure de Paris) *** Si vous souhaitez découvrir ce que « lire avec des yeux d’écrivain » signifie, retrouvez en replay tous les épisodes du Club de lecture by Christine   ⏬ Au plaisir de lire bientôt avec vous ! 📚🤓

  • Les écrivains au travail : Ernest Hemingway

    Je suis ravie de commencer cette nouvelle série de billets de blog : « Les écrivains au travail ». A travers des entretiens authentiques et d’une richesse inégalée, les plus grands noms de la littérature s’expriment de vive voix sur le métier d’écrivain. Ernest Hemingway, Toni Morrison, Françoise Sagan, Louis-Ferdinand Céline et tant d’autres, racontent comment ils écrivent, quelle est leur routine d’écriture, comment ils ont décidé de devenir écrivain, quels auteurs ils lisent et adulent eux-mêmes, quels aspects de la narration ils travaillent en particulier… Une mine d’informations en or qui vaut bien les meilleurs manuels d’écriture ! The Paris Review : une institution depuis 1953 Le logo de la publication "The Paris Review" Les entretiens retranscrits dans ce blog sont issus de The Paris Review , une revue littéraire mythique, fondée en 1953 par une poignée de jeunes américains passionnés de création littéraire et habitant à Paris. On peut dire que ses fondateurs avaient du flair, puisqu’ils ont publié des auteurs émergents, devenus par la suite des piliers de la littérature. Parmi eux : Jack Kerouac, Philip Roth, Italo Calvino, Samuel Beckett (prix Nobel de littérature 1969), Nadine Gordimer (prix Nobel de littérature 1991), V. S. Naipaul (prix Nobel de littérature 2001). Lorsque j’ai découvert The Paris Review il y a quelques années, j’étais comme Ali Baba devant la caverne ! Quiconque s’intéresse à la littérature, à ses grands maîtres, et aspire à devenir écrivain se réjouira de lire ses interviews. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’en extraire les meilleurs morceaux (la plupart des entretiens font 10 000 mots, soit la taille d’un roman d’Amélie Nothomb !) et de les traduire pour les rendre accessibles au lectorat francophone. Ernest Hemingway : l’écrivain au franc parler Nous inaugurons cette série de billets de blog avec Ernest Hemingway, qui n’est plus à présenter. L’auteur de Paris est une fête et Les Neiges du Kilimandjaro a reçu chez lui George Plimpton, l’un des fondateurs de The Paris Review, en mai 1954, soit quelques mois avant de se voir attribuer le prix Nobel de littérature. Extraits. Ernest Hemingway par Yousuf Karsh, 1957. L’écrivain au travail : les habitudes d’écriture « Chaque jour, il note sa production quotidienne pour ne pas se mentir à lui-même ». Ernest Hemingway écrit dans la chambre de sa maison, située à San Francisco de Paula dans la banlieue de la Havane. Les murs de la pièce sont tapissés de bibliothèques d’où les livres débordent jusqu’au sol, et s’entassent au milieu de vieux journaux et de piles de lettres liées par des élastiques. C’est sur le dessus de l’une de ces bibliothèques encombrées qu’Hemingway a son « bureau de travail ». Dans sa paire de mocassins usés, il se tient debout quand il écrit – une habitude qu’il a depuis le début. Une machine à écrire et un lutrin se trouvent à hauteur de poitrine, face à lui. Quand Hemingway démarre un projet, il commence toujours par écrire au crayon, s’appuyant sur son lutrin. Il garde une liasse de papier vierge sous un presse-papiers à gauche de la machine à écrire. Une fois la page remplie de son écriture, il la clipse face cachée sous un autre presse-papiers, celui-ci placé à droite de la machine à écrire. Hemingway passe à la machine à écrire uniquement lorsque l’écriture va vite et bien. Chaque jour, il note sa production quotidienne : 450 mots, 575, 462, 1250, 512… « pour ne pas se mentir à lui-même ». À plusieurs reprises au cours de cette interview, il a souligné que l’art de l’écriture ne devrait pas faire l’objet d’un examen excessif, « que bien qu’il y ait une partie de l’écriture qui soit solide et qu’on ne lui fait aucun mal en en parlant, l’autre est fragile, et si on en parle, la structure se fissure et il n’en reste plus rien. » Le ton parfois caustique de ses réponses rappelle que l’écriture est une occupation privée et solitaire, qui n’a pas besoin de témoins tant que le travail final n’est pas terminé. Hemingway se lève tôt le matin pour venir se tenir debout, dans une concentration absolue devant son lutrin, ne bougeant que pour déplacer le poids de son corps d’un pied à l’autre, excité et transpirant beaucoup quand le travail va bien, misérable quand la grâce artistique s’évanouit momentanément. Il est l’esclave d’une discipline auto-imposée qui dure de six heures jusqu’à environ midi, heure à laquelle il quitte la maison pour aller nager son kilomètre quotidien. *** « Lorsque je m’arrête d’écrire, je me sens aussi vide, et en même temps aussi rempli, que lorsque j’ai fait l’amour avec quelqu’un que j’aime. » Intervieweur : Pouvez-vous dire un mot sur votre processus d’écriture ? Quand travaillez-vous ? Respectez-vous un horaire strict ? Hemingway : Quand je travaille sur un livre ou une histoire, j’écris chaque matin, dès que possible après les premières lueurs du jour. Il n’y a alors personne pour me déranger, il fait frais ou froid et je me réchauffe en travaillant. Je lis ce que j’ai écrit et, comme je m’arrête toujours d’écrire quand je sais ce qui va se passer ensuite dans l’histoire, je peux continuer à partir de là. J’écris jusqu’à ce que j’arrive à un endroit où il me reste encore du jus et je sais ce qui va se passer ensuite. Alors je m’arrête d’écrire et j’essaye de vivre jusqu’au lendemain quand je pourrai à nouveau me mettre à écrire. C’est l’attente jusqu’au lendemain qui est difficile à traverser. Lorsque je m’arrête, je me sens aussi vide, et en même temps aussi rempli, que lorsque j’ai fait l’amour avec quelqu’un que j’aime. Intervieweur : Réécrivez-vous pendant que vous vous relisez ? Ou cela vient-il plus tard, quand l’ensemble est terminé ? Hemingway : Je réécris chaque jour les pages déjà écrites. Quand l’ensemble est terminé, naturellement je repasse encore dessus. On a une autre chance de se corriger et de réécrire lorsque quelqu’un d’autre tape son texte et qu’on le voit au propre. La dernière chance de se corriger arrive au moment des épreuves. On se sent chanceux d’avoir autant d’opportunités de réécrire son texte. Intervieweur : Combien de réécriture faites-vous ? Hemingway : Ça dépend. J’ai réécrit la fin de L’Adieu aux armes , la dernière page, trente-neuf fois avant d’être satisfait. Intervieweur : Y avait-il un problème technique ? Qu’est-ce qui vous bloquait ? Hemingway : Trouver les bons mots. Intervieweur : Y a-t-il des moments où l’inspiration n’est pas du tout au rendez-vous ? Hemingway : Naturellement. Mais si vous arrêtez chaque jour d’écrire quand vous savez ce qui va se passer ensuite dans votre histoire, vous pouvez continuer le lendemain. Tant que vous arrivez à commencer, tout va bien. « Ce sont le téléphone et les visiteurs qui détruisent le travail. » Intervieweur : Quels sont les endroits où vous travaillez le mieux ? L’hôtel Ambos Mundos doit en faire partie, à en juger par le nombre de livres que vous y avez écrits. Ou l’environnement a-t-il peu d’effet sur le travail ? Hemingway : L’Ambos Mundos à La Havane était un très bon endroit pour travailler. Cette finca est un lieu splendide. Mais je peux travailler partout, dans des circonstances variées. Ce sont le téléphone et les visiteurs qui détruisent le travail. Intervieweur : Que pensez-vous des écrivains qui se sont lancés dans une carrière universitaire ? Ont-ils compromis leur carrière littéraire en occupant des postes d’enseignement ? Hemingway : De nombreux auteurs compétents ont prouvé qu’ils pouvaient écrire et enseigner en même temps. Je ne pourrais jamais y arriver, je le sais, et j’admire ceux qui y sont parvenus. Essayer d’écrire quelque chose qui ait une valeur permanente est un travail à plein temps, même si seulement quelques heures par jour sont consacrées à l’écriture proprement dite. Un écrivain peut être comparé à un puits. Il y a autant de sortes de puits qu’il y a d’écrivains. L’important est d’avoir une bonne eau dans le puits et il vaut mieux en prélever une quantité régulière que de pomper le puits à sec et d’attendre qu’il se remplisse. Je m’éloigne de la question, mais la question n’était pas très intéressante à la base. Intervieweur : Vous semblez avoir évité la compagnie des autres écrivains ces dernières années. Pourquoi ? Hemingway : Plus vous avancez dans l’écriture, plus vous êtes seul. La plupart de vos meilleurs et plus anciens amis meurent. D’autres s’éloignent. Vous ne les voyez que rarement, mais vous vous écrivez et c’est presque aussi bon que de se parler. Mais vous êtes de plus en plus seul parce que c’est ainsi que vous devez travailler et que le temps de travail est toujours trop court et si vous le gaspillez, vous avez l’impression d’avoir commis un péché pour lequel il n’y a pas de pardon. Ernest Hemingway en 1939 L’écrivain et ses prédécesseurs : les maîtres de la création littéraire Intervieweur : Selon vous, qui sont vos ancêtres littéraires, ceux dont vous avez le plus appris ? Hemingway : Mark Twain, Flaubert, Stendhal, Bach, Tourgueniev, Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov, Andrew Marvell, John Donne, Maupassant, le bon Kipling, Thoreau, Capitaine Marryat, Shakespeare, Mozart, Quevedo, Dante, Virgile, Le Tintoret, Hieronymus Bosch, Brueghel, Patinier, Goya, Giotto, Cézanne, Van Gogh, Gauguin, San Juan de la Cruz, Gongora, il faudrait une journée pour se souvenir de tout le monde. On aurait alors l’impression que je revendique une érudition que je ne possède pas, au lieu d’essayer de me souvenir de toutes les personnes qui ont eu une influence sur ma vie et mon travail. C’est une très bonne question, mais qui demande un examen de conscience. J’ai cité des peintres aussi, parce que j’apprends autant des peintres sur la façon d’écrire que des écrivains. Ne me demandez pas comment cela fonctionne. Cela me prendrait une journée d’explication. Intervieweur : Cela signifie-t-il qu’une connaissance approfondie des œuvres des personnes figurant sur votre liste contribue à combler le « puits » dont vous parliez tout à l’heure ? Vont-ils consciemment aider au développement des techniques d’écriture ? Hemingway : Les personnes citées m’ont appris à voir, entendre, penser, sentir et ne pas sentir, et écrire. Le puits est l’endroit où se trouve votre « jus ». Personne ne sait de quoi il est fait, encore moins vous-même. Ce que vous savez, c’est si vous l’avez ou pas. Parfois, vous devez attendre qu’il revienne. L’écrivain et son œuvre : les techniques d’écriture « Si un écrivain cesse d’observer, il est fini. » Intervieweur : Passez-vous facilement d’un projet littéraire à un autre, ou terminez-vous ce que vous avez commencé ? Hemingway : Le fait que j’interrompe un travail sérieux pour répondre à ces questions prouve que je suis stupide et que je vais être sévèrement pénalisé pour cela. Intervieweur : Pensez-vous être en concurrence avec d’autres écrivains ? Hemingway : Jamais. Autrefois j’essayais d’écrire mieux que certains écrivains morts dont j’étais sûr de la valeur. Mais depuis un certain temps, j’essaie simplement d’écrire du mieux que je peux. Parfois, j’ai de la chance et j’écris mieux que ce dont je suis normalement capable. Intervieweur : Nous n’avons pas encore parlé de personnages. Ceux de votre travail sont-ils tous inspirés de la vie réelle ? Hemingway : Bien sûr qu’ils ne le sont pas. Certains le sont, mais la plupart sont inventés à partir d’une connaissance, d’une compréhension et d’une expérience des gens. Intervieweur : Pourriez-vous dire un mot sur le processus de transformation d’une personne réelle en personnage fictif ? Hemingway : Si je me mettais à entrer dans des explications sur ce sujet, on obtiendrait un manuel pour les avocats spécialisés en diffamation. Intervieweur : Faites-vous une distinction, comme le fait E. M. Forster, entre les personnages « plats » et les personnages « ronds » ? Hemingway : Si vous décrivez quelqu’un, c’est un personnage plat, comme l’est une photographie ; et de mon point de vue, c’est un échec. Si vous le composez à partir de ce que vous savez, alors il prend plusieurs dimensions. Intervieweur : Aimez-vous relire vos propres livres ? Hemingway : Je les lis parfois pour me remonter le moral, quand écrire est difficile. Puis je me souviens en les lisant comme il a été difficile de les écrire et à quel point l’écriture était parfois impossible. Intervieweur : Les titres de vos œuvres vous viennent-ils pendant que vous êtes en train de les écrire ? Hemingway : Non. Je fais une liste de titres après avoir terminé l’histoire ou le livre, parfois jusqu’à une centaine. Puis je procède par élimination. Parfois je les élimine tous. Intervieweur : Lorsque vous n’écrivez pas, êtes-vous constamment observateur, à la recherche de choses qui pourraient être utiles à votre écriture ? Hemingway : Certainement. Si un écrivain cesse d’observer, il est fini. Mais il n’a pas à observer consciemment ni à penser à la façon dont son observation lui sera utile. C’est peut-être le cas lorsqu’on débute. Mais plus tard, tout ce qu’on voit rentre dans la grande réserve des choses qu’on connaît ou qu’on a vues. Intervieweur : Avez-vous déjà décrit dans un de vos livres un type de situation dont vous n’avez aucune connaissance personnelle ? Hemingway : C’est une question étrange. Par connaissance personnelle, entendez-vous la connaissance charnelle ? Dans ce cas, la réponse est oui. Un écrivain, s’il est bon, ne décrit pas. Il invente ou fabrique des connaissances personnelles et impersonnelles, et parfois il semble avoir des connaissances inexpliquées qui pourraient provenir d’une expérience oubliée. Qui apprend au pigeon voyageur à voler ? D’où un taureau de combat tire-t-il sa bravoure, ou un chien de chasse son nez ? L’écrivain et son art : une vocation « Un écrivain sans le sens de la justice et de l’injustice ferait mieux d’éditer l’annuaire d’une école que d’écrire des romans » Intervieweur : Graham Greene disait qu’une passion dominante donne à une étagère de romans l’unité d’un système. Vous avez dit vous-même, je crois, que la grande écriture naît d’un sentiment d’injustice. Considérez-vous qu’il soit important qu’un romancier soit dominé de cette manière – par un tel sens irrésistible ? Hemingway : M. Greene a une facilité à faire des déclarations que je ne possède pas. Il me serait impossible de faire des généralisations à propos d’une étagère de romans ou d’un troupeau d’oies. Je vais quand même tenter une généralisation : un écrivain sans le sens de la justice et de l’injustice ferait mieux d’éditer l’annuaire d’une école que d’écrire des romans. Intervieweur : Enfin, une question fondamentale : en tant qu’écrivain créatif, quelle est selon vous la fonction de votre art ? Hemingway : À partir de choses qui se sont passées et de choses telles qu’elles existent et de toutes les choses qu’on connaît et de toutes celles qu’on ne peut pas connaître, on invente une toute nouvelle chose plus vraie que tout ce qui est vrai et vivant. Et si on le fait suffisamment bien, alors on lui donne l’immortalité. C’est pourquoi on écrit et pour aucune autre raison. ----- Interview publiée dans le magazine The Paris Review   au printemps 1958 . Traduction par Christine Leang. Pour lire l’interview complète (en anglais), cliquez ici . *** Ernest Hemingway est né en 1899 dans l’Illinois aux Etats-Unis. Il est l’auteur de Le Soleil se lève aussi (1926), L’Adieu aux armes (1929), Pour qui sonne le glas (1940), Le vieil homme et la mer (1952). Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1954. Il meurt en 1961. *** Si vous aussi, vous voulez, comme Hemingway, mettre en place une solide discipline d'écriture , découvrez notre formation « Devenir un écrivain discipliné » :

  • Pourquoi faut-il lire Des souris et des hommes de John Steinbeck ?

    Chef-d’œuvre de la littérature classique américaine, Des Souris et des hommes de John Steinbeck (1902-1968), publié en 1937, fait partie de ces livres qu’il faut absolument avoir lus dans sa vie, surtout lorsqu’on aspire à devenir écrivain soi-même. Considéré en France comme un roman, Des souris et des hommes est en réalité une novella. La novella, terme utilisé pour désigner les récits de fiction d'une longueur comprise entre 17,500 et 40,000 mots ( source : Association Internationale des écrivains et éditeurs professionnels ), est un genre usité essentiellement chez les Anglo-Saxons. En France, on parlera de roman court, c’est-à-dire d'une longueur comprise entre 50 et 200 pages. Des souris et des hommes est donc un petit livre, qui se lit rapidement, en deux ou trois après-midis. J’avais dix-neuf ans lorsque j’ai lu pour la première fois ce roman de John Steinbeck. Je n’en avais retenu que la fin — un dénouement qui m’avait mise mal à l’aise. J’étais alors en deuxième année de fac d’anglais. Ma connaissance de la langue était encore approximative ; aussi, la lecture en version originale m’avait donné beaucoup de difficultés. La redécouverte de ce roman, plus de vingt ans plus tard, m’a fait l’effet d’une claque littéraire, et ce pour plusieurs raisons. Ces raisons se résument en une phrase : la maîtrise des techniques narratives chez Steinbeck est une véritable masterclass d’écriture. John Steinbeck au travail 6 raisons de lire Des Souris et des hommes de John Steinbeck : La peinture d’une époque Résumé du roman : En Californie, dans les années 1930, deux amis travaillent rudement de ranch en ranch pour gagner modestement leur vie en dépit de la crise économique qui sévit dans tout le pays. George est un homme petit, à l’esprit vif, qui s’est promis de veiller sur Lennie, un grand gaillard simple d’esprit, ayant la fâcheuse manie de se fourrer dans le pétrin. Ces deux amis, que tout oppose en apparence, partagent le même rêve : économiser suffisamment pour posséder une petite ferme et y vivre comme des rentiers. Dès les premières phrases, on plonge au cœur du milieu ouvrier. Comme il le fera également deux ans plus tard, dans Les Raisins de la colère , mais dans un style très différent, plus prolixe, Steinbeck dénonce ici les conditions de travail de tous ces ouvriers ruraux qui œuvrent dans la région où lui-même a grandi. Dans les années 1920-1930, des événements climatologiques aux États-Unis ont forcé beaucoup d’Américains à quitter leur ferme et à se retrouver sur la route. Steinbeck s’est attaché à décrire cette période particulièrement sombre qu’est la Grande Dépression : les suites de la Première Guerre mondiale, la prohibition de l’alcool, le krach boursier de 1929. Le romancier peint ainsi une grande fresque sociologique. Il a voulu décrire ce qu’il voyait, ceux qui vivaient dans les campagnes, ces fermiers qui essayaient à tout prix de trouver un travail pour pouvoir subsister. Des thèmes universels Lorsqu’on lit Des Souris et des hommes , il devient vite évident qu’au-delà de la peinture d’une époque, Steinbeck y tisse bien d’autres thématiques : l’amitié, la solitude, la quête d’un idéal, le racisme… Ce livre est un classique de la littérature car on y décèle plusieurs niveaux de lecture, parce qu’on y retrouve un sens de l’universalité propre aux grandes œuvres. L’humanité et la cruauté, l’enfermement et la fatalité, la misère omniprésente, voilà les sentiments qui dominent le lecteur tout au long du récit. La construction de son intrigue Dans la scène d’ouverture, Steinbeck plante un décor champêtre idyllique autour d’une rivière. Puis Lenny et George, les personnages principaux, apparaissent. L’ambiance rappelle celle des films de l’âge d’or hollywoodien. Rapidement, on ressent de l’affection pour ces deux hommes liés par une amitié improbable. Sans que cela soit explicitement dit par l’auteur, on sent qu’un malheur va arriver, que l’histoire va mal finir. Aussi, tout du long du roman, on avance la boule au ventre, dans une ambiance de plus en plus tendue. L’atmosphère dérange, on est mal à l’aise. Et lorsque la catastrophe survient, on pleure. L’histoire se termine exactement là où elle a commencé. On comprend que le récit a été construit selon une boucle logique : c’est la mécanique inéluctable de la tragédie. La construction des scènes fait d’ailleurs penser à du théâtre classique : unité de temps, unité de lieu, unité d’action. Le décor de la scène est planté, les personnages entrent et dialoguent. Le livre a d’ailleurs été porté au théâtre à Broadway, l’année même de sa publication. Affiche de la pièce de théâtre (1937) Les personnages Chaque personnage est exceptionnellement caractérisé. On les voit apparaître sous nos yeux et on a immédiatement la sensation de les connaître : George et Lenny, les héros du roman, en passant par Curley, sa femme, Crooks, le patron, jusqu’au chien du vieux Candy. Les détails physiques, la manière de parler — ou de ne pas parler—, de se comporter les uns avec les autres, les obsessions de chacun, à commencer par celles de Lennie : tous ces éléments, intelligemment choisis par l’auteur, rendent les personnages plus vrais que nature. La belle histoire d’amitié entre George et Lennie rend le duo très attachant. Ils n’ont rien pour s’entendre, leurs caractères sont radicalement opposés — l’innocence pour Lennie, la rudesse pour George — et pourtant, George éprouve de la compassion envers Lenny, l’idiot gentil qui l’irrite tout de même bien souvent. Face au caractère enfantin de Lennie, George s’exprime de façon assez brutale, mais il émane de ce dernier une sorte de tendresse dans sa manière de considérer Lennie. Le lien qui les unie est fort, palpable. C’est beau et c’est triste à la fois. Le style La plume de Steinbeck est redoutablement efficace : en deux mots, deux tournures de phrases, avec des mots simples à la limite du langage populaire, il prouve qu’on peut décrire des choses belles et fortes. L’argot dans les dialogues, la mauvaise grammaire employée par les protagonistes, le vocabulaire raciste — d’une incroyable violence —, apportent au texte une force percutante : c’est du parler d’ouvriers, de gens qui ont été très peu éduqués. Cela est particulièrement vrai dans le texte original en langue anglaise. En français, on perd un peu de cette force, même dans la nouvelle traduction de 2022 par Agnès Desarthe. On pourrait reprocher à l’auteur le langage rustre : « Ce n’est pas de la littérature ! » Mais Steinbeck est malin. Il nous montre qu’il sait aussi écrire de façon lyrique. La description, rare dans ce roman, est toujours d’une grande finesse, poétique, et vient ainsi contrebalancer la rudesse des dialogues. Le style est à la fois rugueux et d’un grand raffinement. C’est la puissance du génie de Steinbeck. Couverture de la première édition (Covici Friede, 1937) La maîtrise technique Le point de vue narratif ou « focalisation » Le point de vue narratif utilisé dans Des Souris et des hommes est externe. Cela signifie que le narrateur se restreint à décrire les événements et les personnages avec un œil extérieur, de façon purement objective, comme un témoin oculaire le ferait. A aucun moment il ne peut entrer dans l’intériorité, la psychologie des personnages. De toutes les focalisations possibles qui s’offrent à un romancier, le point de vue externe est le plus difficile à écrire, car quoi de plus naturel pour un écrivain que de nous livrer les pensées et les émotions de ses personnages ? Le point de vue externe est d’autant plus difficile à appliquer lorsque celui-ci doit tenir sur la longueur d’un roman. De fait, la focalisation externe est une rareté dans toute l’histoire de la littérature. Pour cette raison en particulier, Des souris et des hommes est une exception. On cite également la nouvelle « Paradis perdu » d’Ernest Hemingway, mais rares sont les autres exemples connus. Le choix du point de vue externe explique également la présence dominante des dialogues. Puisque le narrateur ne peut pas entrer dans la tête des personnages, c’est à travers ce qu'ils se disent directement qu’on a accès à leurs pensées. Dans la plupart des romans, il y a toujours une part de point de vue interne, soit parce qu’on est dans le point de vue du personnage (dans ses pensées), soit parce qu’on est en présence d'un narrateur omniscient capable d’accéder à l’intériorité des personnages. Ainsi, la brièveté du roman, l’écriture à l’économie de Steinbeck, ne sont en fait pas un déficit de mots. Ce sont des mots qui ne disent pas ce que les personnages voudraient dire, mais qui sont chargés de sous-entendus. Des sous-entendus qui nous parviennent tout de même : on comprend ce que les personnages pensent et ressentent sans que cela soit dit. Là réside la prouesse littéraire. L'inoubliable adaptation cinématographique par Gary Sinise (1992) La création de « motifs » Une autre prouesse technique chez Steinbeck est la présence de ce que l’on appelle les « motifs ». La technique des motifs consiste à décrire un détail (un objet, une couleur, un lieu, un mot ou une expression), puis à reproduire ce détail plus tard dans le récit, à une ou plusieurs reprises, à des moments précis et consciemment choisis. Grâce à cette subtile répétition, l’auteur crée un effet subliminal et ajoute un sens supplémentaire à son récit. La technique des motifs est celle des écrivains accomplis. L’auteur place çà et là des éléments qui ne retiennent pas forcément notre attention lors de la première lecture, mais pour le lecteur attentif qui sait repérer ces détails, ceux-ci font toute la différence : lorsque le motif réapparaît, une profonde communion se produit entre auteur et lecteur. « J’ai compris ce que l'auteur cherche à me dire ! » pense alors le lecteur. La présence des animaux dans Des Souris et des hommes agit comme autant de motifs. Dans le premier chapitre, un héron est décrit ; il apparaît avant même les personnages principaux, comme si son rôle était de les introduire. C’est ce même héron, devenu à présent prédateur, que l’on retrouve dans le dernier chapitre. Cette fois encore, l’oiseau devance les personnages de George et Lenny. Le chien de Candy, le vieux manchot, est également un puissant motif. Candy dit à Georges : « J’aurais dû le faire moi-même. J’aurais pas dû laisser un autre tuer mon chien. » Quand la fin tragique du livre nous saisit, cette phrase de Candy prend tout son sens, rendant le dénouement encore plus poignant. Les chevaux qui s’ébrouent à chaque fois qu’un humain passe auprès d’eux est un autre motif. Celui-ci est répété si souvent qu’à un moment, on se dit même : « C’est redondant. L’auteur aurait dû élaguer cette partie. » Mais on finit par comprendre que cette redondance est volontaire : lorsque les chevaux s’ébrouent, on sait qu’il va se passer quelque chose de mauvais. Conclusion Pour toutes ces raisons, Des Souris et des hommes est un livre à lire et à relire, pour en comprendre la profondeur, la finesse, le génie littéraire de John Steinbeck, récompensé par le prix Nobel de littérature 1962. John Steinbeck reçoit le prix Nobel de littérature Cet article a été écrit, en partie, grâce aux contributions des participants du Club de lecture by Christine (mai 2023). Cliquez pour voir le replay de la discussion autour du roman de Steinbeck : *** En savoir plus sur le roman En savoir plus sur John Steinbeck et sa méthode de travail D’autres livres à lire absolument : Pourquoi faut-il lire Le grand sommeil de Raymond Chandler ? 8 classiques de la littérature à découvrir ou à relire Ma sélection de livres de 2022 Conseils de lecture : mes coups de cœur de 2021 10 livres qui m’ont nourrie en 2020

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